Qu’est-ce que tu fais dans la vie? Je cherche les problèmes…

J’ai entendu beaucoup de manières de définir le coaching, de montrer à quel point la pratique pouvait être extraordinaire ou au contraire aux confins du charlatanisme, j’ai lu des dizaines de définitions de ce qu’est ou ce que n’est pas le coaching. 

Je n’y accordais finalement que peu d’importance, pensant qu’il s’agissait là de querelles de chapelles, ou de courants académiques, jusqu’à ce que je me rende compte au cours du traditionnel premier entretien avec mes clients à quel point il est important de savoir parler de ce que l’on fait, et de comment on le fait, car la manière de parler de sa pratique lance déjà la réflexion chez le client, lui permet déjà de se positionner, de se projeter et de … travailler.

Il me semble donc important de faire une mise au point sur ce que je crois du coaching et sa pratique; je la partage avec vous, mais  bien sûr, cela n’engage que moi, après quelques années de pratique, de réflexion et d’expérience.

Le mot est archi-galvaudé, nous le savons, mais malgré tous les conseils des webmarketeurs qui m’entourent, je n’en ai pas trouvé de meilleur.

Le coaching à quoi ça sert?

Si j’essaye de faire le vide de tous les livres que j’ai lus, de toutes les  définitions de toutes les offres de service sur la toile,  pour me concentrer sur ce que je fais vraiment avec mes clients, j’en arrive à quelque chose de très très simple. J’ai presque honte:

Ça sert à résoudre des problèmes. 

c’est tout?
Oui, et c’est énorme.

Forcément ça brille moins que « je révèle la version 4.0 de votre passion » ou  « je catalyse les transformations de votre équipe… », mais à la fin je trouve cela ressemble vraiment à ce que je fais, en toute humilité.

Et ça ressemble vraiment à ce que veulent mes clients. On se met à deux pour résoudre un problème qu’ils ont, on fait équipe pour identifier ce qui pose problème, et réduire l’écart entre ce qu’ils vivent et qui ne leur plait pas, et ce qu’ils souhaitent.

J’adore les problèmes!
  • « Un problème n’est un problème que parce qu’on a décidé de le résoudre ». Il y a des problèmes avec lesquels on vit très bien et qui ne demandent aucune résolution!  Il y en a d’autres qui nous empêchent de vivre ou de faire ce qui nous tient vraiment à coeur. C’est là qu’un coach est utile.
  • D’abord cela suppose de le trouver ce problème!  Parfois les clients arrivent sans savoir vraiment ce qui ne va pas, en état de confusion même, et c’est normal. Le questionnement stratégique est là pour les amener à identifier ce qui leur pose réellement problème dans leur situation. Parfois, ils se rendent compte rapidement que le « vrai problème » n’est pas celui avec lequel ils sont arrivés.
  • Se focaliser immédiatement sur le problème fait gagner un temps fou. Les personnes qui ont un CODIR en panne, une équipe qui n’arrive pas à travailler ensemble, un N-1 qui n’ose pas s’imposer face à une élément perturbateur, quelqu’un qui n’arrive plus à gérer son ado ou un freelance n’arrive pas à vendre ses prestations n’ont que faire des tests de personnalités ou des questionnaires sur leur style de management!
  • Résoudre des problèmes, cela demande beaucoup d’humilité car il arrive souvent ( tout le temps?) qu’un problème ne soit pas complètement résolu. Et c’est une bonne nouvelle: cela permet de sortir du choix binaire « réussir ou échouer » le « tout ou rien » . Une fois cette pression relâchée, on peut commencer à travailler. Une personne dont la timidité l’empêche d’intervenir devant un groupe au travail restera peut-être en effet toujours timide; sauf que le travail fait en coaching lui permettra d’intervenir devant un groupe. Elle saura faire avec sa timidité qui sera toujours là, mais ne la freinera plus dans les exercices imposés de sa profession pour pouvoir évoluer.
  • Se dire qu’un problème n’est presque jamais résolu à 100% cela permet aussi d’arrêter avec l’obsession de la performance ou de l’ultra-solution. C’est moins vendeur, certes, mais c’est plus réaliste et beaucoup plus engageant: nous allons travailler à réduire l’écart entre votre situation actuelle est celle que vous souhaitez. Et tout mon professionnalisme  est au service de cela. La personne décidera de là où elle met le curseur et s’engagera dans le processus de manière beaucoup plus efficace.
  • résoudre un problème ne prédit en rien la (les) solution(s). La solution sera inventée par le client au fur et à mesure. En cela c’est très respectueux!
  • On dit souvent que le bon designer c’est celui qui pose les bonnes questions. Ici c’est pareil.
Bref, j’adore les problèmes!
Pourquoi « coaching » finalement ce n’est pas si mal comme mot?

Parce-que dans ce mot un peu anglo-saxon, il y a une connotation de «training» de sport, d’action. Et voilà, le coaching c’est de l’action car l’évolution de la personne ou de l’équipe se mesure en changement de comportement; (et non pas en compréhension des enjeux, du problème, de la solution etc…)

…et que « prendre le problème à bras le corps » .. c’est du sport! 

L’obsession du diagnostic

La semaine dernière j’ai eu la chance de pouvoir me rendre au Salon du management. Après une littérature pléthorique, et quelques MOOCs, la Maison du Management ouvre ses portes et lance son premier salon sur la question managériale.

J’y ai retrouvé les questions généralistes sur l’état de l’art : Qui sont les managers? Comment augmenter l’efficacité des managers? Comment les aider à accompagner le changement? etc.

Je voudrais revenir sur une chose  qui m’a  beaucoup frappée  durant cette journée, et que je vous propose de re-questionner :

L’obsession du diagnostic

Dans ma promenade entre exposants, conférences, et ateliers, j’ai beaucoup entendu le mot « diagnostic », comme première phase à tout projet de transformation. « Phase préalable », « première étape », « base sur laquelle on pourra s’appuyer ».

« Le diagnostic est le raisonnement menant à l’identification de la cause (l’origine) d’une défaillance, ou  d’un problème ». (Dictionnaire Larousse)

Si je viens avec un projet de transformation de mon organisation, il parait logique qu’un consultant me dise qu’il devra observer mon organisation, identifier grâce à son expérience et sa méthode la ou les causes de ses difficultés, et qu’il me proposera un plan d’action découlant de son diagnostic pour réaliser le changement que je souhaite.

Logique? Et pourtant,  voilà les risques que je vois poindre dans une telle démarche (que j’ai moi-même pratiqué sans réserve pendant des années de gestion de projet) :

  • Lorsque l’on cherche « les points faibles et les points forts » d’une organisation, d’un espace ou d’un fonctionnement, …en fait on cherche les points faibles. Nous avons cette culture qui fait que l’on ne sait pas très bien évaluer les choses qui fonctionnent (elles sont oubliées, devenues transparentes puisqu’elles marchent…) mais bien pointer celles qui sont défaillantes. A cela se rajoute une autre de nos habitudes, qui est de penser que nous devons absolument compenser nos points faibles plutôt que « tout miser » sur nos points forts. Or.. quelle perte de temps pour un résultat médiocre alors que nous aurions pu améliorer encore et faire rayonner nos « points forts »…!

 

  • Deuxième risque: en faisant avant toute chose un diagnostic le plus exhaustif possible, nous allons rechercher tous les problèmes, peut-être même en créer, et au final risquer de nous noyer dedans. Comment allons-nous faire maintenant pour trier tout cela, rester motivé et parvenir à un résultat satisfaisant?

 

  • Enfin lorsque nous cherchons la cause du problème, nous partons du principe que son éradication permettra la disparition du problème lui-même. Et ça je n’y crois pas.

Nous sommes très habitués culturellement au lien de cause à effet; or la réalité est tout autre. Et chercher les responsables ne règle pas les problèmes.

Ce qui solutionne les problèmes, c’est de les identifier, de les questionner, d’aller chercher le « problème sous le problème », de savoir où l’on veut aller pour comprendre ce qui nous empêche d’y aller. 

Mon intuition c’est que la vraie question ce n’est pas qui (ou quoi) est responsable du problème, mais de comprendre comment nous avons construit quelque chose qui nous empêche maintenant d’aller là où nous le souhaitons. Une fois que nous avons compris cela,une fois munis de ces précieuses informations, nous pouvons construire la stratégie qui nous mènera à notre objectif.

Si je poussais cette intuition plus loin, au niveau du projet lui-même: est-il possible de se lancer dans un projet sans faire de diagnostic préalable? Que pourrait-on faire à la place? Quelles questions pourrions-nous nous poser en première phase?

J’attends vos avis, vos questions ou vos exemples en commentaire pour que nous sortions de ces abstractions hypothétiques et que nous puissions imaginer si un travail sans diagnostic est possible! #intuitionàvérifier

« Tu devrais networker… »

Version originale de l'article paru sur le blog de CREADS

Lorsque j’observe les freelance et entrepreneurs autour de moi, je m’aperçois que beaucoup sont très isolés. Et lorsqu’ils ressentent ce sentiment de solitude, en fait cela fait déjà très longtemps que le vide s’est fait autour d’eux.

Passionnés par leurs jobs, mais aussi débordés par les heures de travail, de prospection, d’administratif, ils se sont jetés à corps perdu dans leur mission, ils ont travaillé le soir et le week-end, ont oublié de faire du sport, de sortir, de se détendre, de voir leurs amis…

et lorsque la mission s’achève enfin, et qu’il faut en trouver une autre, ils s’aperçoivent alors qu’ils sont seuls.

À ce moment là, l’unique conseil qu’ils reçoivent c’est  le fameux « tu devrais networker c’est la clé pour réussir! ».

C’est un très bon conseil. Mais franchement, quand vous avez l’impression d’être un ours en hibernation, et qu’on vous demande de vous transformer en diva de la communication, ça pique. 

Rapidement, « réseauter » à quoi ça sert? 

Pour aller droit au but, « le réseautage est un moyen de se créer des relations professionnelles qui vous permettront d’accéder à des opportunités insoupçonnées »; autrement dit le réseautage vous permettra probablement de trouver des nouveaux clients, de nouveaux jobs ou de nouvelles missions …mais dans un second temps.

L’idée force c’est que les réelles opportunités sont celles pour lesquelles vous êtes recommandées car elles vous correspondent et bénéficient d’un capital confiance énorme offert par la personne qui vous recommande.

Il s’agit donc de rencontrer ces personnes, et d’établir avec elles une relation professionnelle riche et confiante.. sans avoir jamais travaillé avec elles!

Comment rencontrer ces personnes et que leur dire sont les deux questions épouvantables que l’on se pose quand on se sent isolé et qu’on ne sait pas par où commencer.

Voici 5 conseils pour vous en sortir.

n°1: Le déblocage : les applis

On vous a probablement conseillé d’aller dans des « événements », des cocktails, des vernissages ou autres salons professionnels pour vous retrouver au beau milieu de ces personnes que vous avez identifiées comme vos clients potentiels. Sauf que vous n’osez pas vous présenter spontanément, et que vous rougissez rien qu’à l’idée d’avoir à « vendre » votre offre. Du coup, vous restez collé au fond de la salle avec votre verre de jus d’orange à la main. Vous le faites deux fois et puis vous vous jurez que vous ne le ferez plus jamais!

Avant de devenir un professionnel du réseautage (oui, il y a certaines personnes qui sont super à l’aise avec ça) voici un moyen tout-à-fait intéressant pour commencer: les applications de networking.

Elles fonctionnent selon plusieurs critères (géolocalisation/ rencontres sur préférence de profil/ événements…) choisissez celle qui vous convient le mieux.

Pourquoi ce conseil numérique à des personnes qui se sentent isolées? Parce que c’est un démarrage en douceur; parce que ces applis vous apprennent les bases de ce qu’il faut savoir faire pas à pas; en enfin parce que la finalité est bien de rencontrer les personnes en vrai et non rester derrière son écran.  En effet c’est là que va se créer le feeling et la confiance nécéssaire à une recommandation ultérieure.

 

n°2: savoir dire qui on est et ce que l’on fait. 

Ça a l’air tout simple, dit comme ça mais l’exercice n’est pas si aisé. C’est la fameuse question-cocktail : « et vous, que faîtes- vous dans la vie? » à laquelle peu de personnes savent répondre clairement et précisément. Sur les applis, vous commencez par définir votre profil. Il vous faut un « titre » puis une description de ce que vous faites, et enfin des liens vers vos sites, portfolios, ou autres réseaux sociaux. Vous rajoutez vos expériences précédentes et votre formation.

Une fois que vous serez à l’aise avec ça, il vous pourrez reprendre ces éléments et  les « scénariser » pour vous présenter dans la vraie vie! La « scénarisation » c’est l’histoire que vous allez raconter sur vous qui pourra être plus ou moins courte, avoir des styles différents, un vocabulaire différent mais qui reprendra toujours les éléments de votre profils, et qui aura toujours comme aboutissement logique là où vous en êtes aujourd’hui, ou la direction professionnelle que vous prenez.

J’ai connu quelqu’un qui commençait sa présentation par « ma vie pro est une suite d’échecs! » .rires. étonnement. attention captée. Puis il racontait avec beaucoup d’humour trois expériences apparemment ratées (il s’était fait virer, s’était trompé d’orientation etc.) pendant que l’auditoire se rendait compte subtilement que ses trois rebonds successifs étaient remplis d’intelligence, de ressources et de créativité, ce qui était son fil rouge.

Vous n’êtes pas obligé d’aller aussi loin pour commencer! Être clair sur vous-même est déjà assez rare pour constituer une réelle avancée.

Pour résumer, ce que vous saisissez dans l’application vous sert également dans la vraie vie.

n°3: savoir et savoir-dire ce que l’on attend 

Alors voilà où les choses deviennent très intéressantes! C’est bien de savoir se présenter. Mais souvent les personnes s’arrêtent là, et attendent que leur présentation à elle-seule déclenche une étincelle chez leur interlocuteur, et que celui-ci soudainement se mette à leur proposer mille et une opportunités… Ça arrive. Mais c’est rare.

Ce qui arrive le plus souvent si vous vous arrêtez à la fin de votre présentation, c’est que votre interlocuteur vous trouve certes intéressant, mais n’ait pas l’envie ou le courage de faire tout seul la démarche de se demander, quelles pourraient être vos opportunités, ce dont vous avez besoin et comment il pourrait vous aider!

Du coup il vous répond que « c’est génial comme parcours… » et il se met à parler d’autre chose. La relation n’est pas crée, la confiance n’est pas établie, et clairement, il ne vous rappellera pas.

Alors que si vous savez ce que vous attendez d’un entretien, la personne se sent tout de suite valorisée parce qu’elle a été choisie pour son savoir ou son experience.

Si vous exprimez ce dont vous avez besoin (un conseil, un témoignage sur une expérience, des renseignements sur telle ou telle entreprise etc,) les choses sont précises et la personne en face est en confiance.

Soit elle peut vous aider, soit elle ne le peut pas, mais dans tous les cas, la relation est claire et franche. La confiance est là. Et la discussion devient tout de suite professionnelle. Avec un peu de chance elle devient même une réunion de travail!

L’expérience m’a montré que les autres veulent nous aider. Ça semble fou dans un monde complexe de concurrence, de paranoïa parfois, ou juste d’indifférence, mais le constat est là. Les gens veulent aider, naturellement, s’ils le peuvent.

Vous-même, si un jeune vous aborde en vous disant qu’il sort de l’école et qu’il se demande si c’est le bon moment pour commencer en freelance ou bien s’il faut faire ses armes en entreprise même si la perspective ne l’enchante pas, et qu’il vous demande comment ça s’est passé pour vous… vous allez l’envoyer sur les roses? Je parie que non.

Dans les aplications  vous devez remplir dans votre profil ce que vous cherchez (un nouveau job, des conseils, un collaborateur, etc.) : Ainsi lorsqu’une relation est établie, la personne en face sait exactement ce que vous cherchez! Et réciproquement.

La relation est ainsi tout de suite « qualifiée » ce qui ôte toute pression avant la rencontre car on part d’entrée de jeu sur un interêt commun ou un échange. Et je trouve cela hyper pertinent.

n°4: se fabriquer des entames toutes faites

Comment rédiger un mail de demande de mise en relation? ( sans y passer 3 jours..) Là aussi les applis nous aident beaucoup en nous proposant 4 ou 5 modèles à utiliser et à personnaliser.

Evidemment la meilleure mise en relation débute par quelque chose d’ultra-personalisé; mais pour commencer, on peut avoir recours à des « entames» un peu plus standards qui nous donnent de l’élan. Au fur et à mesure, on les affinera, et on verra aussi ce qui marche bien et ce qui marche moins bien!

Comme vous avez déjà réfléchi à ce que vous souhaitiez demander à la personne qui vous interesse, il est beaucoup plus facile de le mettre tout de suite dans ce fameux mail.

n°5: entretenir des relations sur le long terme. 

J’enfonce des portes ouvertes, mais je crois qu’il faut absolument le marteler. Le réseautage fonctionne s’il est sincère et authentique. En aucun cas il s’agit de rencontrer le plus de personnes possibles pour voir celles qu’on va « utiliser » et celles qu’on va « jeter ».

Autrement dit, quelque soit le résultat de votre échange, vous devez absolument renvoyer un message de remerciements pour cet échange, ou ce moment. Et plus tard, renvoyer quelques nouvelles sur l’avancée du projet dont vous lui avez parlé ou demander des nouvelles de ses projets à elle.

Pourquoi? cela n’a rien d’hypocrite, au contraire, c’est à ce moment là que les fils se tissent, que parfois les conversations s’engagent, et que les opportunités arrivent; car c’est là que vous écrivez ou vous téléphonez sans rien à demander, sans rien à recevoir. Juste par réel interêt.
Ce temps là n’est jamais perdu, et il vous permettra  peut-être de rencontrer des personnes extraordinaires, de futurs associés, votre prochaine mission, une nouvelle opportunité, ou -pourquoi pas?- ceux qui deviendront vos meilleurs potes.

En conclusion, on est d’accord, pour parvenir à vos fins, il faut du réseau. Un réseau ça se construit, ça se travaille, ça s’entretient.

Mais quand on est tout seul et qu’on déteste les événements networking, c’est un peu plus compliqué… au début! C’est pourquoi je vous conseille de vous mettre le pied à l’étirer avec les applications de networking qui vous « mâchent  le travail » jusqu’à ce que la démarche ne vous fasse plus peur et que rencontrer des inconnus soit devenu un plaisir.

Petit à petit vous adapterez votre présentation, vous jouerez avec, vous saurez la moduler selon vos interlocuteurs, ou le temps dont vous disposez; l’exercice deviendra réflexe.

De nos jours, les frontières entre la vie personnelle et la vie professionnelle sont de plus en plus poreuses, c’est pourquoi tous les réseaux sociaux (virtuels ou réels) sont des puits pour construire votre propre réseau. Alors n’hésitez plus, networkez!

Pourquoi les 5 pourquoi, ça ne marche pas?!

« Outils indispensable » pour « éradiquer vos problèmes » la fameuse méthode des 5 pourquoi qu’on vous sert à toutes les sauces dans toutes les formations en management, ou en développement personnel, ça m’exaspère!

Vous connaissez le principe : vous avez un problème. Vous l’énnoncez; puis vous demandez « pourquoi? » vous avez ce problème; vous trouvez une première réponse; vous prenez cette réponse et la soumettez à son tour à la question « pourquoi? »et ainsi de suite, 5 fois de suite; Au bout de ce questionnement vous parvenez à la cause ultime de votre problème.

À ce point, vous êtes donc capable en supprimant la cause… de supprimer le problème.

(Contre-) Exemple:

  • je m’ennuie dans mon travail actuel
  • pourquoi?
  • parce-que je n’apprends rien d’intéressant
  •  pourquoi?
  • parce-que les missions que l’on me confie sont toujours les mêmes
  • pourquoi?
  • parce que personne d’autre n’est mieux qualifié que moi pour les réaliser
  • pourquoi?
  • parce-que mes collègues ne sont pas formés de façon adéquate
  • pourquoi?
  • parce-que l’entreprise n’a pas le temps de les former.

Pensez-vous vraiment que le fait que l’entreprise n’ait pas le temps de former cette personne soit la cause ultime du fait qu’elle s’ennuie? 

Voilà, les sorties de route sont légions avec ce processus et ceci pour deux raisons très simples

1- Si jamais on arrive dans l’une des réponses à une cause extérieure, la démarche n’a plus de sens si on ne peut agir sur cette cause. Dans notre exemple, c’est l’entreprise qui est révélée comme la cause du problème; et l’on ne peut agir dessus (à moins d’en être le patron) donc…

2- Cette méthode est issue de process qui ont été crées pour des machines au Japon! (pour faire court) *

3- les être humains et les entreprises sont des systèmes complexes . De multiples éléments entrent en interaction pour produire des situations qui, parfois, deviennent problématiques. Lorsque différentes variables entent en jeu pour produire cette situation,  l’outil est totalement inefficace, puisqu’il ne peut prendre en compte « qu’une ligne de causalité ». (Ou alors il faudrait le refaire X fois….quel bazar!)

En effet il cherche un lien de cause à effet. Or le lien de cause à effet nous amène à trouver des responsables. And so what? Peut-on vraiment  « éradiquer » tous les éléments responsables de notre problème?

Reprenons l’exemple du dessus en changeant la fin:

  • on me donne toujours les mêmes missions
  • pourquoi?
  • parce-que je n’ai jamais manifesté mon désir de faire autre chose
  • pourquoi?
  • parce que je suis sûre que mon chef va refuser
  • pourquoi?
  • parce que ça ne s’est jamais fait dans l’entreprise.

OK! on a trouvé LA solution! La personne va aller voir son chef en ayant bâti un argumentaire solide sur son potentiel et en faisant des propositions pour former elle-même son successeur. Magnifique. Et si le chef refuse? Retour à la case départ.

Et si le chef accepte mais que finalement la personne ne se plait pas du tout dans son nouveau poste? Certes elle aura résolu son problème d’ennui au sens strict, mais pour autant aura-t-elle vraiment agit dans le bon sens ?

Première conclusion : nous ne sommes pas des machines, contrairement à ce que croient encore certains; les solutions pour les machines ne sont donc pas adaptées aux êtres humains.

Deuxième conclusion: oui la complexité fout la trouille parfois. Et dans ces moments là on aurait très envie qu’un petit process de réparation nous permettent de régler tous nos problèmes. Mais s’il y a complexité, ça veut dire qu’il y a aussi non pas une seule, mais des tonnes de solutions! Et c’est là où ça devient franchement intéressant.

Alors oui, il va falloir chercher, travailler,  être parfois perdu, tester, essayer, recommencer, mais à la fin la solution que nous aurons déployée pour résoudre notre problème de départ sera notre création personnelle sur laquelle on pourra sans crainte s’appuyer pour aller plus loin sur notre chemin.

À très vite pour la suite..

*Cette technique a été à l’origine développée par Sakichi Toyoda puis fut mise en œuvre chez Toyota pendant l’évolution de ses méthodologies industrielles. L’outil a vu son utilisation répandue bien au-delà de Toyota et est maintenant utilisé dans Kaizen, Lean Manufacturing et Six Sigma.