Personal branding épisode 3

Après les préalables importants sur la notion de Personal Branding ICI et ICI, voici une fiche-synthèse sur ce que c’est, et les premières choses à mettre en oeuvre pour s’y lancer.

Prêts?

Un peu d’histoire

Qui a inventé le Personal Branding? 

Hollywood. Comme d’habitude lorsqu’on parle de communication et d’innovation!

La marque qui est Personne, la Personne qui devient Star. La Star, un être en qui chacun s’identifie et qui s’identifie à tous. Un être de fond et non de forme contrairement aux idées reçues. Un être immortel. »Jacques Séguéla in « Hollywood lave plus blanc »

Qui a théorisé le Personal Branding? 

  • Al Ries et Jack Trout en 1981 dans leur livre Positionning- How to be seen and heard in the overcrowded marketplace

Tom Peters, dans un Article pour Consultants« IT IS SIMPLE, YOU ARE A BRAND » 1997 – , Peter Montoya :2002 THE BRAND CALL YOU et William Arruda 2007 METHODE ACCESSIBLE PAR INTERNET « REACH CC »qui parlent de marque pour la première fois

Et en France? 1981, Jacques Séguéla propose la personne-marque avec la Force Tranquille

Une définition du Personal Branding

Le personal branding c’est un processus qui permet de dé-couvrir sa communication et son image personnelle (orale, écrite, numérique) de manière claire, cohérente et crédible, pour se démarquer et se de faire reconnaître dans son environnement professionnel ou sur son marché pour réussir.

ou

communiquer pour RÉVÉLER UNE IMAGE FORTE ET AUTHENTIQUE DE SOI-MÊME,

(N.B.: attention chaque mot compte)

Pour quoi faire?

  • pour trouver un stage, un premier emploi
  • pour trouver un nouvel emploi
  • évoluer au sein de son entreprise
  • atteindre des fonctions qui nous semblaient très hautes
  • pour réaliser ses projets

bref, pour les salariés, les indépendants, les étudiants, les porteurs de projet.

Et c’est difficile?

Un peu. Avant il était facile de dire qui on était. On était défini par –  l’appartenance à une famille,

ou
l’appartenance à un métier ou à une entreprise;

Aujourd’hui c’est plus compliqué de dire qui on est!

  • on a plusieurs activités en même temps, soit par nécessité, soit par envie d’accomplissement;
  • on a des métiers qu’il est difficile de définir parce qu’il sont récents, ou parce que les intitulés sur les cartes de visite sont complètement abstraits.

Et puis faire un CV ce n’est plus si évident! Le cv en mode chronologique ou « déroulement de la vie » est largement  remis en questions: on est plus en arborescence qu’en ligne.

Le parcours c’est une dynamique, plus qu’une accumulation.

La dynamique professionnelle -personnelle existe de moins en moins car

elle sous-entend l’idée du masque professionnel. Or de plus en plus on souhaite montrer qu’on est soi + son réseau de partenariats+ les réseaux que l’on a construits. Une arborescence.

Mais alors ça sert à savoir se vendre???

Et si …

  • on remplaçait « marque » par « Empreinte« ?
  • on remplaçait »produit » par « Multiplication« ?
  • on remplaçait « vendre » par « Converser« ?

Ma marque personnelle c’est avant tout l’empreinte que je veux laisser.

L’expertise ne suffit pas

On est expert de soi-même et on est le meilleurs expert de son projet. MAIS Les experts ne sont pas les meilleurs communicants

Donc, le but c’est de :

  • Savoir parler de soi en parlant aux autres
  • Savoir se mettre en avant dans son propre style
  • Savoir nouer des relations durables avec son réseau
  • Savoir toucher sa cible

Ce qui demande

  • d’avoir une vision claire de qui ont est et ce que l’on veut,
  • d’avoir de l’estime pour soi
  • d’oser exprimer sa différence pour réussir.

Comment on commence?

1- Voici une première méthode que je trouve interessante: le business model personnel que vous pouvez retrouver sur le site Business Model YOU

Remplissez le canevas en ayant bien à l’idée qu’une ligne verticale sépare cette carte en deux: ce qui est à gauche représente votre efficacité – cerveau gauche/ logique- , ce qui est à droite représente vos valeurs – cerveau droit/ émotion-.

2-Bâtissez votre « légende personnelle » à l’aide du Voyage du héros. C’est cela qui donne de la cohérence à tout le reste!

(N’hésitez pas à vous référer au livre de Joseph Campbell pour comprendre toutes les étapes. Oui oui, le héros c’est vous!)

Vous pouvez aussi raconter votre histoire en respectant cet ordre:

Et maintenant pitchez!

1- Le pitch twitter: le minimum syndical. Mon préféré. Je l’appelle aussi le pitch « verbe d’action ».

 voilà ce que je fais / pour qui/ pour quoi 

(« j’accompagne les managers à faire des réunions plus efficaces grâce à des techniques spécifiques »)

2- Le pitch question : c’est celui qui part de la frustration de votre interlocuteur. C’est celui qu’il faut construire quand on est porteur de projet.

Vous est-il déjà arrivé de….?

(« Avez-vous déjà consulté plusieurs pages internet sans trouver une méthode claire et simple pour vous aider à réussir votre Pitch ? Vous n’en avez pas assez de ces pages web optimisées pour le référencement mais qui ne vous apportent ni exemple concret ni la bonne méthode rapidement ? Et bien c’est ce que nous avons vécu chez….Et nous avons décidé de… »)

3- Pitch Storytelling : votre histoire

Lorsque j’ai commencé à travaillé,  (j’ai vécu telle experience/ je me suis rendu compte de ….) et aujourd’hui j’ai envie de partager une raison profonde pour laquelle je fais ce métier là.

4- Pitch « un seul mot ». Le must. inventé par Maurice Saatchi. C’est le mot que l’on dit en pensant à vous. C’est à vous que l’on pense lorsqu’on entend ce mot.  Vous n’y croyez pas?  A quelle société informatique pensez-vous lorsqu’on vous dit le mot « recherche » ? Si vous répondez Google, alors frottez-vous au pitch en un seul mot.

Dan Pink conseille de commencer par rédiger un pitch en 50 mots. puis le réduire à 25, puis 6. On parie que dans ces 6 mots, il y a LE mot.

Il en existe quelques autres, je dirais réservé aux joueurs, ou aux personnes plus expérimentées car ils font appel à l’humour ou à la provocation. On se les garde pour plus tard!

C’est difficile? Je vous propose d’expliquer votre parcours, votre métier ou votre projet à un enfant de 7 ans. Cela oblige à utiliser des mots simples , simples, basiques. (pardon! mais je n’ai pu m’en empêcher), et par là-même  aller à l’essentiel.

Une dernière chose

Vous êtes en train de passer pas mal de temps sur ce que vous faites, ce que vous êtes … n’oubliez pas de penser à

  • ce que vous ne faites pas;
  • ce que vous refusez de faire (et que vos concurrents font) ;
  • qui sont vos concurrents;
  • qui sont vos partenaires.

La dernière des dernière

N’ayez pas peur d’être clivant! 

Si tu fais un film qui plait à tout le monde, tu n’auras pas fait avancer le cinéma – François truffaut

 

 

 

Le chef de projet et le créatif

Article issu de mon interview sur le site de CREADS le 19.02.18

Tous les jours nous travaillons sur nos projets, nous gagnons des nouveaux projets, nous avons trois projets en cours… bref, un projet c’est un travail, une mission ,un client, des échéances, un livrable, une création, des étapes, des tâches et.. un chef de projet.

Vous.

Le mot est tellement entré dans notre vocabulaire quotidien, qu’il ne me serait même pas venue à l’idée de le questionner jusqu’à ce qu’on me demande de former des personnes au management de projet.

A cette occasion, je me suis rendue compte que certains aspects du management de projet n’étaient pas assez maîtrisés, et que cela pouvait gravement nuire au projet lui-même et surtout à celui qui est censé le piloter.

Remettons les choses dans l’ordre, même si ce n’est pas toujours facile.

Qu’est-ce qu’un projet? Un risque.

Il y a plusieurs caractéristiques au projet , certaines vous paraîtront évidentes, d’autres moins.

  • Un projet vis à créer quelque chose de nouveau (pour nous créatifs, c’est la base!);
  • …et de spécifique (pas de copier-coller);
  • mais aussi quelque chose de transversal : qui englobe plusieurs métiers; savoir-faire, cultures… (ne serait-ce que celle du client), et donc un travail en équipe;
  • un projet comporte une date de début et une date de fin (pas difficile… mais êtes-vous toujours au clair avec la date de fin?)
  • et enfin un résultat, c’est-à-dire un livrable.

Tout cela semble basique, mais attention! La conséquence de ce que l’on vient d’énoncer, c’est que par nature, un projet est une prise de risque. Même si on sécurise le plus possible les aléas, les données, les processus etc.… nous prenons un risque en nous lançant dans un projet; c’est excitant, et c’est aussi pour cela que nous le faisons;

Mais il est important de le rappeler à nos clients. Le « 0 risque » serait un contre-sens; vous n’y êtes donc pas tenus.

Le métier et le projet : un dédoublement de personnalité obligé

Il y a des personnes dans d’autres secteurs d’activité dont le métier est d’être  « chef de projet ».Pour un créatif, il faut bien séparer les deux aspects:

  • d’un côté le créatif exercera son métier de concepteur (graphique, design web etc.);
  • de l’autre il gérera son projet.

Si l’on ne voit pas cet aspect de management de projet, on prend le risque de ne plus avoir assez de recul pour avoir une vision claire des différentes tâches à effectuer en ne se concentrant que sur sa création;

le projet risquera alors de se faire déborder par le planning, les coûts, les relations avec le clients, les décisions à prendre etc.

Votre « métier » ne tient pas compte du contexte: c’est votre talent, vos connaissances, votre habileté, votre créativité.

Votre « projet » c’est votre métier mis en face d’une réalité, c’est-à-dire votre capacité à prendre des décisions.

Au final vous allez prendre deux personnalités : celle du concepteur et celle du pilote dont la responsabilité est de prendre des décisions pour atterrir correctement en délais, coûts etc.

Le personnage principal du projet c’est le Client

S’il n’y a pas de client, il n’y a pas de projet. C’est lui qui donne l’intention du projet, c’est lui qui en a déterminé les enjeux; et c’est lui encore qui va arbitrer les questions relatives au budget, au planning et au livrable. Vous devez savoir qui est votre client!

Rappel: votre client est la personne qui vous paye. (Ce n'est pas forcément celle qui bénéficie de votre projet).

Allons plus loin!

Dans les projets classiques, on admet facilement que « le client a tous les droits » sur son projet. Après tout, c’est son projet!

Dans un projet créatif, ce qui est compliqué c’est que le créatif considère que cette création lui appartient aussi, en tant qu’auteur.

Cette subtilité lorsqu’elle n’est pas soulevée au départ peut être source de beaucoup de frustrations! Il est important d’avoir les idées (ou le contrat) claires sur ce point.

C’est à mon avis une question de dosage, entre céder aux quatre volontés du client (et se décrédibiliser), ou être intransigeant et avoir un client insatisfait (et donc non pérennisé) .

Soyez exigeant sur votre création, et soyez-le aussi dans les responsabilités réciproques.

Pour synthétiser, je dirais que dans un projet, tout ce qui menace

  • le budget global
  • le planning global
  • le résultat global

tout cela, doit être arbitré par le client.

Le chef de projet créatif lui doit alerter le client quand l’un de ces trois éléments est en péril pour n’importe quelle raison.

Ce qui amène sur le point le plus important avec le client: la relation avec le client est de nature contractuelle. Pourquoi est-ce si important? Parce-que pour autant, ce n’est pas un contrat de subordination. C’est une relation dans laquelle client et chef de projet ont des obligations réciproques.

Et si vous ne deviez retenir qu’une chose de cet article ce serait celle-ci: la garantie pour qu’un projet réussisse réside dans la qualité de la relation entre le responsable du projet et son client. Dans le fait que chacun ait bien compris la nature de sa responsabilité pour faire équipe avec l’autre.

Un petit point de méthode

Pour vous aider à y voir plus clair dans chaque projet et pour vous aider à aller éclaircir les zones de flou au démarrage d’un projet, je vous propose d’établir à chaque démarrage une « fiche projet » ou un « acte de naissance » du projet à garder toujours sur votre dossier ou votre bureau.

Voici les rubriques à créer:

  • Le contexte: C’est le client qui vous le transmet et c’est le « pourquoi du projet »; le résumé de l’avant-projet. comment votre client en est arrivé à imaginer ce projet.
  • Les enjeux du projet: encore un fois c’est le client qui vous les transmet. vous devez être sûr de les avoir compris. C’est ce qui est « en jeu » si le client réalise ou non ce projet
  • l’objectif: là c’est le résultat que vous devez atteindre.
  • le planning global
  • les ressources nécessaires (attention! il ne s’agit pas uniquement du budget mais aussi des ressources humaines et logistiques!
  • les contraintes: ce qui est non-négociable
  • les risques (ce qui pourrait menacer l’objectif, le budget ou les ressources)

L’idéal, c’est que vous puissiez constituer cette fiche projet à l’occasion de votre premier échange avec votre client. De cette manière vous l’aiderez aussi à éclaircir sa demande et sa vision. Vous pourrez commencer une relation d’échange, d’apport réciproque et de confiance.

D’ailleurs, tout bien réfléchi, vous pourriez tout-à-fait utiliser cette trame pour vos projet personnels, où le client… c’est vous!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qu’est-ce que tu fais dans la vie? Je cherche les problèmes…

J’ai entendu beaucoup de manières de définir le coaching, de montrer à quel point la pratique pouvait être extraordinaire ou au contraire aux confins du charlatanisme, j’ai lu des dizaines de définitions de ce qu’est ou ce que n’est pas le coaching. 

Je n’y accordais finalement que peu d’importance, pensant qu’il s’agissait là de querelles de chapelles, ou de courants académiques, jusqu’à ce que je me rende compte au cours du traditionnel premier entretien avec mes clients à quel point il est important de savoir parler de ce que l’on fait, et de comment on le fait, car la manière de parler de sa pratique lance déjà la réflexion chez le client, lui permet déjà de se positionner, de se projeter et de … travailler.

Il me semble donc important de faire une mise au point sur ce que je crois du coaching et sa pratique; je la partage avec vous, mais  bien sûr, cela n’engage que moi, après quelques années de pratique, de réflexion et d’expérience.

Le mot est archi-galvaudé, nous le savons, mais malgré tous les conseils des webmarketeurs qui m’entourent, je n’en ai pas trouvé de meilleur.

Le coaching à quoi ça sert?

Si j’essaye de faire le vide de tous les livres que j’ai lus, de toutes les  définitions de toutes les offres de service sur la toile,  pour me concentrer sur ce que je fais vraiment avec mes clients, j’en arrive à quelque chose de très très simple. J’ai presque honte:

Ça sert à résoudre des problèmes. 

c’est tout?
Oui, et c’est énorme.

Forcément ça brille moins que « je révèle la version 4.0 de votre passion » ou  « je catalyse les transformations de votre équipe… », mais à la fin je trouve cela ressemble vraiment à ce que je fais, en toute humilité.

Et ça ressemble vraiment à ce que veulent mes clients. On se met à deux pour résoudre un problème qu’ils ont, on fait équipe pour identifier ce qui pose problème, et réduire l’écart entre ce qu’ils vivent et qui ne leur plait pas, et ce qu’ils souhaitent.

J’adore les problèmes!
  • « Un problème n’est un problème que parce qu’on a décidé de le résoudre ». Il y a des problèmes avec lesquels on vit très bien et qui ne demandent aucune résolution!  Il y en a d’autres qui nous empêchent de vivre ou de faire ce qui nous tient vraiment à coeur. C’est là qu’un coach est utile.
  • D’abord cela suppose de le trouver ce problème!  Parfois les clients arrivent sans savoir vraiment ce qui ne va pas, en état de confusion même, et c’est normal. Le questionnement stratégique est là pour les amener à identifier ce qui leur pose réellement problème dans leur situation. Parfois, ils se rendent compte rapidement que le « vrai problème » n’est pas celui avec lequel ils sont arrivés.
  • Se focaliser immédiatement sur le problème fait gagner un temps fou. Les personnes qui ont un CODIR en panne, une équipe qui n’arrive pas à travailler ensemble, un N-1 qui n’ose pas s’imposer face à une élément perturbateur, quelqu’un qui n’arrive plus à gérer son ado ou un freelance n’arrive pas à vendre ses prestations n’ont que faire des tests de personnalités ou des questionnaires sur leur style de management!
  • Résoudre des problèmes, cela demande beaucoup d’humilité car il arrive souvent ( tout le temps?) qu’un problème ne soit pas complètement résolu. Et c’est une bonne nouvelle: cela permet de sortir du choix binaire « réussir ou échouer » le « tout ou rien » . Une fois cette pression relâchée, on peut commencer à travailler. Une personne dont la timidité l’empêche d’intervenir devant un groupe au travail restera peut-être en effet toujours timide; sauf que le travail fait en coaching lui permettra d’intervenir devant un groupe. Elle saura faire avec sa timidité qui sera toujours là, mais ne la freinera plus dans les exercices imposés de sa profession pour pouvoir évoluer.
  • Se dire qu’un problème n’est presque jamais résolu à 100% cela permet aussi d’arrêter avec l’obsession de la performance ou de l’ultra-solution. C’est moins vendeur, certes, mais c’est plus réaliste et beaucoup plus engageant: nous allons travailler à réduire l’écart entre votre situation actuelle est celle que vous souhaitez. Et tout mon professionnalisme  est au service de cela. La personne décidera de là où elle met le curseur et s’engagera dans le processus de manière beaucoup plus efficace.
  • résoudre un problème ne prédit en rien la (les) solution(s). La solution sera inventée par le client au fur et à mesure. En cela c’est très respectueux!
  • On dit souvent que le bon designer c’est celui qui pose les bonnes questions. Ici c’est pareil.
Bref, j’adore les problèmes!
Pourquoi « coaching » finalement ce n’est pas si mal comme mot?

Parce-que dans ce mot un peu anglo-saxon, il y a une connotation de «training» de sport, d’action. Et voilà, le coaching c’est de l’action car l’évolution de la personne ou de l’équipe se mesure en changement de comportement; (et non pas en compréhension des enjeux, du problème, de la solution etc…)

…et que « prendre le problème à bras le corps » .. c’est du sport! 

L’obsession du diagnostic

La semaine dernière j’ai eu la chance de pouvoir me rendre au Salon du management. Après une littérature pléthorique, et quelques MOOCs, la Maison du Management ouvre ses portes et lance son premier salon sur la question managériale.

J’y ai retrouvé les questions généralistes sur l’état de l’art : Qui sont les managers? Comment augmenter l’efficacité des managers? Comment les aider à accompagner le changement? etc.

Je voudrais revenir sur une chose  qui m’a  beaucoup frappée  durant cette journée, et que je vous propose de re-questionner :

L’obsession du diagnostic

Dans ma promenade entre exposants, conférences, et ateliers, j’ai beaucoup entendu le mot « diagnostic », comme première phase à tout projet de transformation. « Phase préalable », « première étape », « base sur laquelle on pourra s’appuyer ».

« Le diagnostic est le raisonnement menant à l’identification de la cause (l’origine) d’une défaillance, ou  d’un problème ». (Dictionnaire Larousse)

Si je viens avec un projet de transformation de mon organisation, il parait logique qu’un consultant me dise qu’il devra observer mon organisation, identifier grâce à son expérience et sa méthode la ou les causes de ses difficultés, et qu’il me proposera un plan d’action découlant de son diagnostic pour réaliser le changement que je souhaite.

Logique? Et pourtant,  voilà les risques que je vois poindre dans une telle démarche (que j’ai moi-même pratiqué sans réserve pendant des années de gestion de projet) :

  • Lorsque l’on cherche « les points faibles et les points forts » d’une organisation, d’un espace ou d’un fonctionnement, …en fait on cherche les points faibles. Nous avons cette culture qui fait que l’on ne sait pas très bien évaluer les choses qui fonctionnent (elles sont oubliées, devenues transparentes puisqu’elles marchent…) mais bien pointer celles qui sont défaillantes. A cela se rajoute une autre de nos habitudes, qui est de penser que nous devons absolument compenser nos points faibles plutôt que « tout miser » sur nos points forts. Or.. quelle perte de temps pour un résultat médiocre alors que nous aurions pu améliorer encore et faire rayonner nos « points forts »…!

 

  • Deuxième risque: en faisant avant toute chose un diagnostic le plus exhaustif possible, nous allons rechercher tous les problèmes, peut-être même en créer, et au final risquer de nous noyer dedans. Comment allons-nous faire maintenant pour trier tout cela, rester motivé et parvenir à un résultat satisfaisant?

 

  • Enfin lorsque nous cherchons la cause du problème, nous partons du principe que son éradication permettra la disparition du problème lui-même. Et ça je n’y crois pas.

Nous sommes très habitués culturellement au lien de cause à effet; or la réalité est tout autre. Et chercher les responsables ne règle pas les problèmes.

Ce qui solutionne les problèmes, c’est de les identifier, de les questionner, d’aller chercher le « problème sous le problème », de savoir où l’on veut aller pour comprendre ce qui nous empêche d’y aller. 

Mon intuition c’est que la vraie question ce n’est pas qui (ou quoi) est responsable du problème, mais de comprendre comment nous avons construit quelque chose qui nous empêche maintenant d’aller là où nous le souhaitons. Une fois que nous avons compris cela,une fois munis de ces précieuses informations, nous pouvons construire la stratégie qui nous mènera à notre objectif.

Si je poussais cette intuition plus loin, au niveau du projet lui-même: est-il possible de se lancer dans un projet sans faire de diagnostic préalable? Que pourrait-on faire à la place? Quelles questions pourrions-nous nous poser en première phase?

J’attends vos avis, vos questions ou vos exemples en commentaire pour que nous sortions de ces abstractions hypothétiques et que nous puissions imaginer si un travail sans diagnostic est possible! #intuitionàvérifier

Pourquoi les 5 pourquoi, ça ne marche pas?!

« Outils indispensable » pour « éradiquer vos problèmes » la fameuse méthode des 5 pourquoi qu’on vous sert à toutes les sauces dans toutes les formations en management, ou en développement personnel, ça m’exaspère!

Vous connaissez le principe : vous avez un problème. Vous l’énnoncez; puis vous demandez « pourquoi? » vous avez ce problème; vous trouvez une première réponse; vous prenez cette réponse et la soumettez à son tour à la question « pourquoi? »et ainsi de suite, 5 fois de suite; Au bout de ce questionnement vous parvenez à la cause ultime de votre problème.

À ce point, vous êtes donc capable en supprimant la cause… de supprimer le problème.

(Contre-) Exemple:

  • je m’ennuie dans mon travail actuel
  • pourquoi?
  • parce-que je n’apprends rien d’intéressant
  •  pourquoi?
  • parce-que les missions que l’on me confie sont toujours les mêmes
  • pourquoi?
  • parce que personne d’autre n’est mieux qualifié que moi pour les réaliser
  • pourquoi?
  • parce-que mes collègues ne sont pas formés de façon adéquate
  • pourquoi?
  • parce-que l’entreprise n’a pas le temps de les former.

Pensez-vous vraiment que le fait que l’entreprise n’ait pas le temps de former cette personne soit la cause ultime du fait qu’elle s’ennuie? 

Voilà, les sorties de route sont légions avec ce processus et ceci pour deux raisons très simples

1- Si jamais on arrive dans l’une des réponses à une cause extérieure, la démarche n’a plus de sens si on ne peut agir sur cette cause. Dans notre exemple, c’est l’entreprise qui est révélée comme la cause du problème; et l’on ne peut agir dessus (à moins d’en être le patron) donc…

2- Cette méthode est issue de process qui ont été crées pour des machines au Japon! (pour faire court) *

3- les être humains et les entreprises sont des systèmes complexes . De multiples éléments entrent en interaction pour produire des situations qui, parfois, deviennent problématiques. Lorsque différentes variables entent en jeu pour produire cette situation,  l’outil est totalement inefficace, puisqu’il ne peut prendre en compte « qu’une ligne de causalité ». (Ou alors il faudrait le refaire X fois….quel bazar!)

En effet il cherche un lien de cause à effet. Or le lien de cause à effet nous amène à trouver des responsables. And so what? Peut-on vraiment  « éradiquer » tous les éléments responsables de notre problème?

Reprenons l’exemple du dessus en changeant la fin:

  • on me donne toujours les mêmes missions
  • pourquoi?
  • parce-que je n’ai jamais manifesté mon désir de faire autre chose
  • pourquoi?
  • parce que je suis sûre que mon chef va refuser
  • pourquoi?
  • parce que ça ne s’est jamais fait dans l’entreprise.

OK! on a trouvé LA solution! La personne va aller voir son chef en ayant bâti un argumentaire solide sur son potentiel et en faisant des propositions pour former elle-même son successeur. Magnifique. Et si le chef refuse? Retour à la case départ.

Et si le chef accepte mais que finalement la personne ne se plait pas du tout dans son nouveau poste? Certes elle aura résolu son problème d’ennui au sens strict, mais pour autant aura-t-elle vraiment agit dans le bon sens ?

Première conclusion : nous ne sommes pas des machines, contrairement à ce que croient encore certains; les solutions pour les machines ne sont donc pas adaptées aux êtres humains.

Deuxième conclusion: oui la complexité fout la trouille parfois. Et dans ces moments là on aurait très envie qu’un petit process de réparation nous permettent de régler tous nos problèmes. Mais s’il y a complexité, ça veut dire qu’il y a aussi non pas une seule, mais des tonnes de solutions! Et c’est là où ça devient franchement intéressant.

Alors oui, il va falloir chercher, travailler,  être parfois perdu, tester, essayer, recommencer, mais à la fin la solution que nous aurons déployée pour résoudre notre problème de départ sera notre création personnelle sur laquelle on pourra sans crainte s’appuyer pour aller plus loin sur notre chemin.

À très vite pour la suite..

*Cette technique a été à l’origine développée par Sakichi Toyoda puis fut mise en œuvre chez Toyota pendant l’évolution de ses méthodologies industrielles. L’outil a vu son utilisation répandue bien au-delà de Toyota et est maintenant utilisé dans Kaizen, Lean Manufacturing et Six Sigma.