Personal Branding épisode 2 : s’alléger plutôt qu’accumuler….

Interview parue sur le blog de CREADS le 26.12.17

« L’image de marque personnelle » ou « Personal Branding » correspond à l’image que l’individu renvoie de lui-même de par sa personnalité, ses actes ou sa communication. A quoi ça sert ? Comment travailler son personal branding ? Pour vous préparer à commencer une nouvelle année sereinement et répondre à toutes vos interrogations, nous avons interviewé Emmanuelle Mallet-Chaminand, votre Coach pour les métiers créatifs.

Bonjour Emmanuelle, comment peut-on définir le Personal Branding ?

En fait, on peut le présenter comme on veut mais Le Personal Branding sert à répondre à cette unique question :

« Comment « se vendre » sans tomber dans la publicité racoleuse, et y perdre son âme ?

Oublier que le Personal Branding sert à vendre ses services, son projet ou son employabilité, reviendrait à entreprendre une démarche de développement personnel. Oublier au contraire son « âme », serait de facto se priver de toute authenticité, et du coup de tout impact, en tombant dans les travers du marketing de masse.

 

Concrètement, ça consiste en quoi ?

Dans un premier temps, cela consiste à savoir parler de vous et de votre travail de manière claire, simple et impactante. Cela consiste également à déterminer où vous voulez aller, comment, et avec qui. Ensuite, cela consiste à donner du sens à vos actions et devenir une source d’inspiration pour les autres. Clarifier votre positionnement : objectifs, cibles, promesse, offre de service. Déployer une stratégie de visibilité, travailler, créer, entretenir et activer vos réseaux. Enfin, le personal branding consiste à piloter votre marque personnelle et la faire évoluer au quotidien.

Quels sont les éléments fondateurs du Personal Branding ?

Selon moi, il y a 3 principes de base : Constance, Cohérence, Clarté. Mais si vous vous êtes déjà trouvé devant un potentiel client qui vous demande pourquoi il devrait faire appel à vous et pas à quelqu’un d’autre, la réponse que vous avez élaborée (sur le coup, ou peaufinée plus tard) est la meilleure définition que vous pourrez trouver du Personal Branding : c’est votre angle unique. C’est-à-dire la façon dont vous voyez les choses, dont vous les interprétez, vos inspirations, vos expériences, votre manière de travailler, de communiquer, votre projet de vie…Bref, comment votre vision du monde rend votre intervention unique.

Cette citation d’Yves Saint-Laurent contient d’ailleurs tous les éléments fondateurs à l’expression de votre Personal Branding :

« La ligne doit avant tout son élégance au dépouillement et à la pureté de sa construction. »

 

 

Quelle est la démarche pour travailler son personal branding de manière durable et profonde ?

1- Le dépouillement

Commencer son travail de Personal Branding, c’est se dépouiller de tout ce qui n’est pas vous-même et de tout ce que vous avez amassé au cours de votre vie, sans pour autant vous l’être réellement approprié. Ayez confiance en vous, et allégez-vous du superflu.

Pour chaque action que vous faîtes, demandez-vous : « en quoi cette manière de faire me ressemble ?  Et en quoi c’est vraiment moi ? »

Vous pouvez faire cet exercice avec votre manière de dialoguer, de vous habiller, etc. Tout ce qui ne vous appartient pas doit être jeté, repensé ou réinventé. Cela demande du temps, du tri, du discernement, du recul et ce n’est pas facile. Car nous avons tendance à penser que le fait d’accumuler des informations nous rend plus forts, plus experts. Or c’est exactement le contraire. Plus on élimine, plus on se concentre sur l’essentiel et plus on se distingue.

2- L’élégance

C’est peut-être là le secret d’un Personal Branding réussi. L’élégance parle de qualité, de choix, de renoncement, d’éthique, de conviction, d’évidence. L’élégance est le fruit d’un travail acharné de recherche de pureté, de simplicité, d’essentiel, mais aussi de grâce et de légèreté.

« Une chose est élégante quand elle est caractérisée par sa précision, par sa cohérence et par sa simplicité ».  (voir Yves Saint Laurent ce génie)

Demandez-vous comment votre offre de service pourrait être encore plus précise, comment votre histoire personnelle est cohérente avec le choix de votre métier, comment d’un brief complexe vous arrivez à rendre les choses simples et évidentes, etc.

3- La ligne

C’est ce que vous aurez découvert en vous libérant de tout ce qui n’est pas vraiment vous. C’est votre direction, votre angle unique, et votre fil rouge.

Alors maintenant que vous vous êtes allégés de toutes ces couches inutiles, maintenant que vous êtes dans un état d’esprit de recherche de l’élégance, maintenant que vous saurez reconnaître votre « ligne » dés qu’elle vous apparaîtra… Maintenant, vous pouvez commencer à travailler votre Personal Branding.

Je vous souhaite de merveilleuses fêtes, pour célébrer comme il se doit tout ce que nous laissons derrière nous, et en route pour le renouveau !

 

« Tu devrais networker… »

Version originale de l'article paru sur le blog de CREADS

Lorsque j’observe les freelance et entrepreneurs autour de moi, je m’aperçois que beaucoup sont très isolés. Et lorsqu’ils ressentent ce sentiment de solitude, en fait cela fait déjà très longtemps que le vide s’est fait autour d’eux.

Passionnés par leurs jobs, mais aussi débordés par les heures de travail, de prospection, d’administratif, ils se sont jetés à corps perdu dans leur mission, ils ont travaillé le soir et le week-end, ont oublié de faire du sport, de sortir, de se détendre, de voir leurs amis…

et lorsque la mission s’achève enfin, et qu’il faut en trouver une autre, ils s’aperçoivent alors qu’ils sont seuls.

À ce moment là, l’unique conseil qu’ils reçoivent c’est  le fameux « tu devrais networker c’est la clé pour réussir! ».

C’est un très bon conseil. Mais franchement, quand vous avez l’impression d’être un ours en hibernation, et qu’on vous demande de vous transformer en diva de la communication, ça pique. 

Rapidement, « réseauter » à quoi ça sert? 

Pour aller droit au but, « le réseautage est un moyen de se créer des relations professionnelles qui vous permettront d’accéder à des opportunités insoupçonnées »; autrement dit le réseautage vous permettra probablement de trouver des nouveaux clients, de nouveaux jobs ou de nouvelles missions …mais dans un second temps.

L’idée force c’est que les réelles opportunités sont celles pour lesquelles vous êtes recommandées car elles vous correspondent et bénéficient d’un capital confiance énorme offert par la personne qui vous recommande.

Il s’agit donc de rencontrer ces personnes, et d’établir avec elles une relation professionnelle riche et confiante.. sans avoir jamais travaillé avec elles!

Comment rencontrer ces personnes et que leur dire sont les deux questions épouvantables que l’on se pose quand on se sent isolé et qu’on ne sait pas par où commencer.

Voici 5 conseils pour vous en sortir.

n°1: Le déblocage : les applis

On vous a probablement conseillé d’aller dans des « événements », des cocktails, des vernissages ou autres salons professionnels pour vous retrouver au beau milieu de ces personnes que vous avez identifiées comme vos clients potentiels. Sauf que vous n’osez pas vous présenter spontanément, et que vous rougissez rien qu’à l’idée d’avoir à « vendre » votre offre. Du coup, vous restez collé au fond de la salle avec votre verre de jus d’orange à la main. Vous le faites deux fois et puis vous vous jurez que vous ne le ferez plus jamais!

Avant de devenir un professionnel du réseautage (oui, il y a certaines personnes qui sont super à l’aise avec ça) voici un moyen tout-à-fait intéressant pour commencer: les applications de networking.

Elles fonctionnent selon plusieurs critères (géolocalisation/ rencontres sur préférence de profil/ événements…) choisissez celle qui vous convient le mieux.

Pourquoi ce conseil numérique à des personnes qui se sentent isolées? Parce que c’est un démarrage en douceur; parce que ces applis vous apprennent les bases de ce qu’il faut savoir faire pas à pas; en enfin parce que la finalité est bien de rencontrer les personnes en vrai et non rester derrière son écran.  En effet c’est là que va se créer le feeling et la confiance nécéssaire à une recommandation ultérieure.

 

n°2: savoir dire qui on est et ce que l’on fait. 

Ça a l’air tout simple, dit comme ça mais l’exercice n’est pas si aisé. C’est la fameuse question-cocktail : « et vous, que faîtes- vous dans la vie? » à laquelle peu de personnes savent répondre clairement et précisément. Sur les applis, vous commencez par définir votre profil. Il vous faut un « titre » puis une description de ce que vous faites, et enfin des liens vers vos sites, portfolios, ou autres réseaux sociaux. Vous rajoutez vos expériences précédentes et votre formation.

Une fois que vous serez à l’aise avec ça, il vous pourrez reprendre ces éléments et  les « scénariser » pour vous présenter dans la vraie vie! La « scénarisation » c’est l’histoire que vous allez raconter sur vous qui pourra être plus ou moins courte, avoir des styles différents, un vocabulaire différent mais qui reprendra toujours les éléments de votre profils, et qui aura toujours comme aboutissement logique là où vous en êtes aujourd’hui, ou la direction professionnelle que vous prenez.

J’ai connu quelqu’un qui commençait sa présentation par « ma vie pro est une suite d’échecs! » .rires. étonnement. attention captée. Puis il racontait avec beaucoup d’humour trois expériences apparemment ratées (il s’était fait virer, s’était trompé d’orientation etc.) pendant que l’auditoire se rendait compte subtilement que ses trois rebonds successifs étaient remplis d’intelligence, de ressources et de créativité, ce qui était son fil rouge.

Vous n’êtes pas obligé d’aller aussi loin pour commencer! Être clair sur vous-même est déjà assez rare pour constituer une réelle avancée.

Pour résumer, ce que vous saisissez dans l’application vous sert également dans la vraie vie.

n°3: savoir et savoir-dire ce que l’on attend 

Alors voilà où les choses deviennent très intéressantes! C’est bien de savoir se présenter. Mais souvent les personnes s’arrêtent là, et attendent que leur présentation à elle-seule déclenche une étincelle chez leur interlocuteur, et que celui-ci soudainement se mette à leur proposer mille et une opportunités… Ça arrive. Mais c’est rare.

Ce qui arrive le plus souvent si vous vous arrêtez à la fin de votre présentation, c’est que votre interlocuteur vous trouve certes intéressant, mais n’ait pas l’envie ou le courage de faire tout seul la démarche de se demander, quelles pourraient être vos opportunités, ce dont vous avez besoin et comment il pourrait vous aider!

Du coup il vous répond que « c’est génial comme parcours… » et il se met à parler d’autre chose. La relation n’est pas crée, la confiance n’est pas établie, et clairement, il ne vous rappellera pas.

Alors que si vous savez ce que vous attendez d’un entretien, la personne se sent tout de suite valorisée parce qu’elle a été choisie pour son savoir ou son experience.

Si vous exprimez ce dont vous avez besoin (un conseil, un témoignage sur une expérience, des renseignements sur telle ou telle entreprise etc,) les choses sont précises et la personne en face est en confiance.

Soit elle peut vous aider, soit elle ne le peut pas, mais dans tous les cas, la relation est claire et franche. La confiance est là. Et la discussion devient tout de suite professionnelle. Avec un peu de chance elle devient même une réunion de travail!

L’expérience m’a montré que les autres veulent nous aider. Ça semble fou dans un monde complexe de concurrence, de paranoïa parfois, ou juste d’indifférence, mais le constat est là. Les gens veulent aider, naturellement, s’ils le peuvent.

Vous-même, si un jeune vous aborde en vous disant qu’il sort de l’école et qu’il se demande si c’est le bon moment pour commencer en freelance ou bien s’il faut faire ses armes en entreprise même si la perspective ne l’enchante pas, et qu’il vous demande comment ça s’est passé pour vous… vous allez l’envoyer sur les roses? Je parie que non.

Dans les aplications  vous devez remplir dans votre profil ce que vous cherchez (un nouveau job, des conseils, un collaborateur, etc.) : Ainsi lorsqu’une relation est établie, la personne en face sait exactement ce que vous cherchez! Et réciproquement.

La relation est ainsi tout de suite « qualifiée » ce qui ôte toute pression avant la rencontre car on part d’entrée de jeu sur un interêt commun ou un échange. Et je trouve cela hyper pertinent.

n°4: se fabriquer des entames toutes faites

Comment rédiger un mail de demande de mise en relation? ( sans y passer 3 jours..) Là aussi les applis nous aident beaucoup en nous proposant 4 ou 5 modèles à utiliser et à personnaliser.

Evidemment la meilleure mise en relation débute par quelque chose d’ultra-personalisé; mais pour commencer, on peut avoir recours à des « entames» un peu plus standards qui nous donnent de l’élan. Au fur et à mesure, on les affinera, et on verra aussi ce qui marche bien et ce qui marche moins bien!

Comme vous avez déjà réfléchi à ce que vous souhaitiez demander à la personne qui vous interesse, il est beaucoup plus facile de le mettre tout de suite dans ce fameux mail.

n°5: entretenir des relations sur le long terme. 

J’enfonce des portes ouvertes, mais je crois qu’il faut absolument le marteler. Le réseautage fonctionne s’il est sincère et authentique. En aucun cas il s’agit de rencontrer le plus de personnes possibles pour voir celles qu’on va « utiliser » et celles qu’on va « jeter ».

Autrement dit, quelque soit le résultat de votre échange, vous devez absolument renvoyer un message de remerciements pour cet échange, ou ce moment. Et plus tard, renvoyer quelques nouvelles sur l’avancée du projet dont vous lui avez parlé ou demander des nouvelles de ses projets à elle.

Pourquoi? cela n’a rien d’hypocrite, au contraire, c’est à ce moment là que les fils se tissent, que parfois les conversations s’engagent, et que les opportunités arrivent; car c’est là que vous écrivez ou vous téléphonez sans rien à demander, sans rien à recevoir. Juste par réel interêt.
Ce temps là n’est jamais perdu, et il vous permettra  peut-être de rencontrer des personnes extraordinaires, de futurs associés, votre prochaine mission, une nouvelle opportunité, ou -pourquoi pas?- ceux qui deviendront vos meilleurs potes.

En conclusion, on est d’accord, pour parvenir à vos fins, il faut du réseau. Un réseau ça se construit, ça se travaille, ça s’entretient.

Mais quand on est tout seul et qu’on déteste les événements networking, c’est un peu plus compliqué… au début! C’est pourquoi je vous conseille de vous mettre le pied à l’étirer avec les applications de networking qui vous « mâchent  le travail » jusqu’à ce que la démarche ne vous fasse plus peur et que rencontrer des inconnus soit devenu un plaisir.

Petit à petit vous adapterez votre présentation, vous jouerez avec, vous saurez la moduler selon vos interlocuteurs, ou le temps dont vous disposez; l’exercice deviendra réflexe.

De nos jours, les frontières entre la vie personnelle et la vie professionnelle sont de plus en plus poreuses, c’est pourquoi tous les réseaux sociaux (virtuels ou réels) sont des puits pour construire votre propre réseau. Alors n’hésitez plus, networkez!

Ma vie mon œuvre, ou le personal branding 

Aujourd’hui je commence une série d’articles, de réflexion et de programmes sur le personal branding, la marque personnelle ou le marketing personnel (choisissez l’expression qui vous énerve le moins), outil de positionnement indispensable pour trouver un job, des clients, un stage, lever des fonds, ou être capable d’expliquer à sa grand mère ce qu’on fait dans la vie. 

Or, ça fait des jours que je travaille sur ce thème et que je n’arrive pas à trouver une traduction satisfaisante car jai le sentiment que « personal branding » dit exactement le contraire de ce que c’est et pourquoi c’est important de le travailler…

Loin de moi l’idée de déconsidérer le concept (voir les très drôles personal branling et I am a brand tout de même!).

Mais je m’adresse ici en priorité à ceux pour qui le « marketing de soi-même » fait grincer les dents. Ceux qui ont du mal à se voir comme un produit de consommation, ceux qui pensent que travailler sa marque personnelle c’est apprendre à se vendre, sous-entendu: « apprendre à mettre en valeur de façon outrancière des qualités qu’il n’ont pas forcément mais qui répondent à l’attente de leur cible, dans l’unique but de ferrer le client, c’est-à-dire de le piéger ». Oui, vu comme ça, ça fait peur, parce qu’une fois que le client est attrapé, il va falloir lui mentir, le voler, bref tricher.

Alors voici les 2 choses que je pose ici dans le but avoué de parvenir (avec votre aide j’espère) à trouver une meilleure traduction de l’idée de personal branding.

1- Dans personal branding il y a « branding »

Une marque évolue sur un marché, cela signifie-t-il que nous sommes sur un marché?

Nous sommes tous sur un marché, et c’est une bonne nouvelle.

Quelle que soit notre situation, freelance, étudiant, salarié, chômeur, et quel que soit notre domaine professionnel, nous sommes sur un marché, celui du travail. Le marché du travail c’est l’espace où clients et prestataires se rencontrent, où collaborateurs et entreprises se choisissent, où projets et investisseurs négocient, où partenaires et associés travaillent leur vision, ou jeunes diplômés et entreprises parient sur l’avenir.

Bref, c’est là où tout se crée. Nous sommes tous des produit de création, plutôt que de consommation; et c’est pour cela que le « personal branding » (je ne m’y fais pas!) va nous aider à créer notre place sur ce marché, celle qui nous convient vraiment.

On reparlera de concurrence, d’offre et de demande..etc.

2- Dans personal branding il y a « personal »

Ce qui laisserait à penser que c’est une démarche auto-centrée, dont l’intention est de parvenir à identifier et mettre en avant ce qui est unique en nous, notre excellence personnelle, et qui demanderait un profond travail de « connais toi toi-même ». Oui et non.

OUI! parce qu’il est primordial de « se connaître » pour comprendre ce que l’on veut apporter aux autres comme valeur; (on y reviendra)

mais NON car d’abord se connaître est le travail d’une vie (…) mais surtout parce que -et pour une fois je suis d’accord avec lui-, Bourdieu a justement rappelé que « notre excellence ne fait pas partie de notre identité narrative » et que celle-ci se trouve « dans la relation à l’autre », c’est-à-dire grâce à l’autre….

Et là, le côté « personal » perd quand même largement de sa valeur…

Ce qui est à retenir c’est que l’intention même du personal branding (argh! ce mot…) c’est de se relier à ceux avec qui on va créer une vente, un projet, une envie, une collaboration, un job…

Personal branding, marque personnelle, marketing personnel, bref, je crois que nous allons plutôt parler de se relier pour créer.