« Tu devrais networker… »

Version originale de l'article paru sur le blog de CREADS

Lorsque j’observe les freelance et entrepreneurs autour de moi, je m’aperçois que beaucoup sont très isolés. Et lorsqu’ils ressentent ce sentiment de solitude, en fait cela fait déjà très longtemps que le vide s’est fait autour d’eux.

Passionnés par leurs jobs, mais aussi débordés par les heures de travail, de prospection, d’administratif, ils se sont jetés à corps perdu dans leur mission, ils ont travaillé le soir et le week-end, ont oublié de faire du sport, de sortir, de se détendre, de voir leurs amis…

et lorsque la mission s’achève enfin, et qu’il faut en trouver une autre, ils s’aperçoivent alors qu’ils sont seuls.

À ce moment là, l’unique conseil qu’ils reçoivent c’est  le fameux « tu devrais networker c’est la clé pour réussir! ».

C’est un très bon conseil. Mais franchement, quand vous avez l’impression d’être un ours en hibernation, et qu’on vous demande de vous transformer en diva de la communication, ça pique. 

Rapidement, « réseauter » à quoi ça sert? 

Pour aller droit au but, « le réseautage est un moyen de se créer des relations professionnelles qui vous permettront d’accéder à des opportunités insoupçonnées »; autrement dit le réseautage vous permettra probablement de trouver des nouveaux clients, de nouveaux jobs ou de nouvelles missions …mais dans un second temps.

L’idée force c’est que les réelles opportunités sont celles pour lesquelles vous êtes recommandées car elles vous correspondent et bénéficient d’un capital confiance énorme offert par la personne qui vous recommande.

Il s’agit donc de rencontrer ces personnes, et d’établir avec elles une relation professionnelle riche et confiante.. sans avoir jamais travaillé avec elles!

Comment rencontrer ces personnes et que leur dire sont les deux questions épouvantables que l’on se pose quand on se sent isolé et qu’on ne sait pas par où commencer.

Voici 5 conseils pour vous en sortir.

n°1: Le déblocage : les applis

On vous a probablement conseillé d’aller dans des « événements », des cocktails, des vernissages ou autres salons professionnels pour vous retrouver au beau milieu de ces personnes que vous avez identifiées comme vos clients potentiels. Sauf que vous n’osez pas vous présenter spontanément, et que vous rougissez rien qu’à l’idée d’avoir à « vendre » votre offre. Du coup, vous restez collé au fond de la salle avec votre verre de jus d’orange à la main. Vous le faites deux fois et puis vous vous jurez que vous ne le ferez plus jamais!

Avant de devenir un professionnel du réseautage (oui, il y a certaines personnes qui sont super à l’aise avec ça) voici un moyen tout-à-fait intéressant pour commencer: les applications de networking.

Elles fonctionnent selon plusieurs critères (géolocalisation/ rencontres sur préférence de profil/ événements…) choisissez celle qui vous convient le mieux.

Pourquoi ce conseil numérique à des personnes qui se sentent isolées? Parce que c’est un démarrage en douceur; parce que ces applis vous apprennent les bases de ce qu’il faut savoir faire pas à pas; en enfin parce que la finalité est bien de rencontrer les personnes en vrai et non rester derrière son écran.  En effet c’est là que va se créer le feeling et la confiance nécéssaire à une recommandation ultérieure.

 

n°2: savoir dire qui on est et ce que l’on fait. 

Ça a l’air tout simple, dit comme ça mais l’exercice n’est pas si aisé. C’est la fameuse question-cocktail : « et vous, que faîtes- vous dans la vie? » à laquelle peu de personnes savent répondre clairement et précisément. Sur les applis, vous commencez par définir votre profil. Il vous faut un « titre » puis une description de ce que vous faites, et enfin des liens vers vos sites, portfolios, ou autres réseaux sociaux. Vous rajoutez vos expériences précédentes et votre formation.

Une fois que vous serez à l’aise avec ça, il vous pourrez reprendre ces éléments et  les « scénariser » pour vous présenter dans la vraie vie! La « scénarisation » c’est l’histoire que vous allez raconter sur vous qui pourra être plus ou moins courte, avoir des styles différents, un vocabulaire différent mais qui reprendra toujours les éléments de votre profils, et qui aura toujours comme aboutissement logique là où vous en êtes aujourd’hui, ou la direction professionnelle que vous prenez.

J’ai connu quelqu’un qui commençait sa présentation par « ma vie pro est une suite d’échecs! » .rires. étonnement. attention captée. Puis il racontait avec beaucoup d’humour trois expériences apparemment ratées (il s’était fait virer, s’était trompé d’orientation etc.) pendant que l’auditoire se rendait compte subtilement que ses trois rebonds successifs étaient remplis d’intelligence, de ressources et de créativité, ce qui était son fil rouge.

Vous n’êtes pas obligé d’aller aussi loin pour commencer! Être clair sur vous-même est déjà assez rare pour constituer une réelle avancée.

Pour résumer, ce que vous saisissez dans l’application vous sert également dans la vraie vie.

n°3: savoir et savoir-dire ce que l’on attend 

Alors voilà où les choses deviennent très intéressantes! C’est bien de savoir se présenter. Mais souvent les personnes s’arrêtent là, et attendent que leur présentation à elle-seule déclenche une étincelle chez leur interlocuteur, et que celui-ci soudainement se mette à leur proposer mille et une opportunités… Ça arrive. Mais c’est rare.

Ce qui arrive le plus souvent si vous vous arrêtez à la fin de votre présentation, c’est que votre interlocuteur vous trouve certes intéressant, mais n’ait pas l’envie ou le courage de faire tout seul la démarche de se demander, quelles pourraient être vos opportunités, ce dont vous avez besoin et comment il pourrait vous aider!

Du coup il vous répond que « c’est génial comme parcours… » et il se met à parler d’autre chose. La relation n’est pas crée, la confiance n’est pas établie, et clairement, il ne vous rappellera pas.

Alors que si vous savez ce que vous attendez d’un entretien, la personne se sent tout de suite valorisée parce qu’elle a été choisie pour son savoir ou son experience.

Si vous exprimez ce dont vous avez besoin (un conseil, un témoignage sur une expérience, des renseignements sur telle ou telle entreprise etc,) les choses sont précises et la personne en face est en confiance.

Soit elle peut vous aider, soit elle ne le peut pas, mais dans tous les cas, la relation est claire et franche. La confiance est là. Et la discussion devient tout de suite professionnelle. Avec un peu de chance elle devient même une réunion de travail!

L’expérience m’a montré que les autres veulent nous aider. Ça semble fou dans un monde complexe de concurrence, de paranoïa parfois, ou juste d’indifférence, mais le constat est là. Les gens veulent aider, naturellement, s’ils le peuvent.

Vous-même, si un jeune vous aborde en vous disant qu’il sort de l’école et qu’il se demande si c’est le bon moment pour commencer en freelance ou bien s’il faut faire ses armes en entreprise même si la perspective ne l’enchante pas, et qu’il vous demande comment ça s’est passé pour vous… vous allez l’envoyer sur les roses? Je parie que non.

Dans les aplications  vous devez remplir dans votre profil ce que vous cherchez (un nouveau job, des conseils, un collaborateur, etc.) : Ainsi lorsqu’une relation est établie, la personne en face sait exactement ce que vous cherchez! Et réciproquement.

La relation est ainsi tout de suite « qualifiée » ce qui ôte toute pression avant la rencontre car on part d’entrée de jeu sur un interêt commun ou un échange. Et je trouve cela hyper pertinent.

n°4: se fabriquer des entames toutes faites

Comment rédiger un mail de demande de mise en relation? ( sans y passer 3 jours..) Là aussi les applis nous aident beaucoup en nous proposant 4 ou 5 modèles à utiliser et à personnaliser.

Evidemment la meilleure mise en relation débute par quelque chose d’ultra-personalisé; mais pour commencer, on peut avoir recours à des « entames» un peu plus standards qui nous donnent de l’élan. Au fur et à mesure, on les affinera, et on verra aussi ce qui marche bien et ce qui marche moins bien!

Comme vous avez déjà réfléchi à ce que vous souhaitiez demander à la personne qui vous interesse, il est beaucoup plus facile de le mettre tout de suite dans ce fameux mail.

n°5: entretenir des relations sur le long terme. 

J’enfonce des portes ouvertes, mais je crois qu’il faut absolument le marteler. Le réseautage fonctionne s’il est sincère et authentique. En aucun cas il s’agit de rencontrer le plus de personnes possibles pour voir celles qu’on va « utiliser » et celles qu’on va « jeter ».

Autrement dit, quelque soit le résultat de votre échange, vous devez absolument renvoyer un message de remerciements pour cet échange, ou ce moment. Et plus tard, renvoyer quelques nouvelles sur l’avancée du projet dont vous lui avez parlé ou demander des nouvelles de ses projets à elle.

Pourquoi? cela n’a rien d’hypocrite, au contraire, c’est à ce moment là que les fils se tissent, que parfois les conversations s’engagent, et que les opportunités arrivent; car c’est là que vous écrivez ou vous téléphonez sans rien à demander, sans rien à recevoir. Juste par réel interêt.
Ce temps là n’est jamais perdu, et il vous permettra  peut-être de rencontrer des personnes extraordinaires, de futurs associés, votre prochaine mission, une nouvelle opportunité, ou -pourquoi pas?- ceux qui deviendront vos meilleurs potes.

En conclusion, on est d’accord, pour parvenir à vos fins, il faut du réseau. Un réseau ça se construit, ça se travaille, ça s’entretient.

Mais quand on est tout seul et qu’on déteste les événements networking, c’est un peu plus compliqué… au début! C’est pourquoi je vous conseille de vous mettre le pied à l’étirer avec les applications de networking qui vous « mâchent  le travail » jusqu’à ce que la démarche ne vous fasse plus peur et que rencontrer des inconnus soit devenu un plaisir.

Petit à petit vous adapterez votre présentation, vous jouerez avec, vous saurez la moduler selon vos interlocuteurs, ou le temps dont vous disposez; l’exercice deviendra réflexe.

De nos jours, les frontières entre la vie personnelle et la vie professionnelle sont de plus en plus poreuses, c’est pourquoi tous les réseaux sociaux (virtuels ou réels) sont des puits pour construire votre propre réseau. Alors n’hésitez plus, networkez!

La réinvention du travail, interview de Denis Pennel

Denis Pennel est l’auteur de Travail, la soif de liberté : Comment les start-uppers, slashers, co-workers réinventent le travail, paru en septembre dernier chez Eyrolles. Il y décrit le “nouvel âge” dans lequel le travail est entré : “l’évolution du travail est celle d’une longue marche vers toujours plus de liberté”. Mais aujourd’hui, c’est en dehors du salariat que s’inventent les nouvelles manières d’exercer son activité professionnelle.

Voici une interview de Denis Pennel tout-à-fait passionnante sur la transformation du monde du travail et la conviction de son auteur, quele travail au XXIème siècle est marqué par la fin de son unité de temps, de lieu et d’action”. À lire ICI

 

Ma vie mon œuvre, ou le personal branding 

Aujourd’hui je commence une série d’articles, de réflexion et de programmes sur le personal branding, la marque personnelle ou le marketing personnel (choisissez l’expression qui vous énerve le moins), outil de positionnement indispensable pour trouver un job, des clients, un stage, lever des fonds, ou être capable d’expliquer à sa grand mère ce qu’on fait dans la vie. 

Or, ça fait des jours que je travaille sur ce thème et que je n’arrive pas à trouver une traduction satisfaisante car jai le sentiment que « personal branding » dit exactement le contraire de ce que c’est et pourquoi c’est important de le travailler…

Loin de moi l’idée de déconsidérer le concept (voir les très drôles personal branling et I am a brand tout de même!).

Mais je m’adresse ici en priorité à ceux pour qui le « marketing de soi-même » fait grincer les dents. Ceux qui ont du mal à se voir comme un produit de consommation, ceux qui pensent que travailler sa marque personnelle c’est apprendre à se vendre, sous-entendu: « apprendre à mettre en valeur de façon outrancière des qualités qu’il n’ont pas forcément mais qui répondent à l’attente de leur cible, dans l’unique but de ferrer le client, c’est-à-dire de le piéger ». Oui, vu comme ça, ça fait peur, parce qu’une fois que le client est attrapé, il va falloir lui mentir, le voler, bref tricher.

Alors voici les 2 choses que je pose ici dans le but avoué de parvenir (avec votre aide j’espère) à trouver une meilleure traduction de l’idée de personal branding.

1- Dans personal branding il y a « branding »

Une marque évolue sur un marché, cela signifie-t-il que nous sommes sur un marché?

Nous sommes tous sur un marché, et c’est une bonne nouvelle.

Quelle que soit notre situation, freelance, étudiant, salarié, chômeur, et quel que soit notre domaine professionnel, nous sommes sur un marché, celui du travail. Le marché du travail c’est l’espace où clients et prestataires se rencontrent, où collaborateurs et entreprises se choisissent, où projets et investisseurs négocient, où partenaires et associés travaillent leur vision, ou jeunes diplômés et entreprises parient sur l’avenir.

Bref, c’est là où tout se crée. Nous sommes tous des produit de création, plutôt que de consommation; et c’est pour cela que le « personal branding » (je ne m’y fais pas!) va nous aider à créer notre place sur ce marché, celle qui nous convient vraiment.

On reparlera de concurrence, d’offre et de demande..etc.

2- Dans personal branding il y a « personal »

Ce qui laisserait à penser que c’est une démarche auto-centrée, dont l’intention est de parvenir à identifier et mettre en avant ce qui est unique en nous, notre excellence personnelle, et qui demanderait un profond travail de « connais toi toi-même ». Oui et non.

OUI! parce qu’il est primordial de « se connaître » pour comprendre ce que l’on veut apporter aux autres comme valeur; (on y reviendra)

mais NON car d’abord se connaître est le travail d’une vie (…) mais surtout parce que -et pour une fois je suis d’accord avec lui-, Bourdieu a justement rappelé que « notre excellence ne fait pas partie de notre identité narrative » et que celle-ci se trouve « dans la relation à l’autre », c’est-à-dire grâce à l’autre….

Et là, le côté « personal » perd quand même largement de sa valeur…

Ce qui est à retenir c’est que l’intention même du personal branding (argh! ce mot…) c’est de se relier à ceux avec qui on va créer une vente, un projet, une envie, une collaboration, un job…

Personal branding, marque personnelle, marketing personnel, bref, je crois que nous allons plutôt parler de se relier pour créer.

S’organiser… sans to-do list

Vous en avez assez de vous sentir épuisé dés le lundi soir quand vous avez compris que votre semaine serait pire que celle d’un pompier californien en période estivale? Vous en avez assez de vos to-do lists que vous ne suivez jamais? Vous souffrez dés que votre chéri(e) vous dit qu’il est temps de s’organiser pour les vacances alors que vous avez un rendu à la fin du mois?

La bonne nouvelle, c’est que tout le monde peut réussir à s’organiser;

Et non! la procrastination n’est pas une fatalité ni un trait de personnalité; vous n’êtes pas non plus obligé de passer en mode survie chaque jour pour éteindre des incendies professionnels, paniquer à l’idée qu’on vous colle une réunion de plus, ou à essayer de suivre une to-do list infinie. Et enfin non! s’organiser ce n’est pas consacrer deux heures par jour à faire … des to-do lists.

Mon premier boss en agence de design, il y a très longtemps m’avait dit une chose surprenante à l’époque: « Si on charrette, c’est que l’on s’est plantés sur le planning ». Nous vivions une époque où « charretter » était une figure de style obligée et quasi revendiquée du travail en agence créative.. façon Mad Men, vous voyez?! Autant vous dire tout de suite que je suis devenue une professionnelle du planning!

Alors pendant des années je me suis passionnée pour toutes les méthode d’efficacité organisationnelle et d’outils de productivité, et ce que j’ai découvert à propos de l’organisation et de la priorisation des tâches est à la fois le fruit de cette longue exploration, mais aussi tout le contraire de ce à quoi nous sommes formatés par l’école et par la société.

Retrouver la maîtrise …

Voici donc quelques « trucs » qui semblent frappés du sceau du bon sens, mais qui lorsque vous les aurez appliqués vous permettront d’envisager les journée chargées avec détermination et espoir, vous permettront de savoir dire «non», vous permettront d’arrêter de procrastiner, et enfin, vous permettront de jeter une fois pour toutes vos to-do lists à la poubelle.

Trouver son « Pourquoi »

La première chose la plus importante à savoir avant même de commencer à vous organiser est de savoir pourquoi vous voulez vous organiser. Pour être plus efficace? Pour pouvoir rendre vos livrables en temps et en heure? pour être encore plus rentable pour votre entreprise? Pour devenir -comme je l’ai vu écrit sur une formation à la gestion du temps-, une « machine à produire »?

Non. Certainement pas. La seule raison valable pour s’organiser est de pouvoir se dégager du temps pour pouvoir faire les choses qui sont vraiment importantes pour vous.

Si vous ne savez pas à quoi vous allez consacrer le temps que vous allez gagner, il est sûr et certain que vous ne ferez que continuer à faire plus …de la même chose qu’aujourd’hui.

Quel est le projet qui VOUS appartient et qui vaut la peine de ne plus être esclave des journées à rallonges pleines de tâches que l’on ne finit jamais..(oui oui il y des gens qui aiment bien ça, et qui sont très à l’aise avec le fait d’être débordés qui leur donne l’air d’être important!).

Aller faire du sport 2h par jour? ok. Arriver à l’heure pour embrasser vos enfants le soir avant qu’ils ne s’endorment? ok. Travailler sur le projet qui vous tient à cœur mais qui n’est pas dans votre mission officielle? ok. Améliorer votre pratique professionnelle, faire de la veille, ou entamer la formation dont vous rêvez? ok.

Cette liste à la Prévert pour bien insister sur le fait que la raison profonde de l’organisation doit avoir du sens pour vous peu importe qu’elle semble futile.

Ensuite vous serez capable de vous organiser pour tous les projets qui vous sembleront réellement importants.

Deuxième élément avant de commencer à vous organiser: dans « savoir s’organiser » la composante sur laquelle vous allez vraiment travailler, c’est vous; avec vos peurs, vos habitudes, vos croyances.

Maintenant qu’on est d’accord sur les intentions de l’organisation, passons au concret:
1- Distinguer l’important de l’urgent – la matrice d’Eisenhower expliquée par S.Covey*

C’est l’une des clés du sujet! Dans toutes les tâches que j’ai à faire, qu’est-ce qui est important? qu’est ce qui est urgent? C’est sur cette distinction qu’est fondée la fameuse matrice d’Eisenhower qui lui a permis selon la légende d’organiser le débarquement en Normandie.

  • ce qui est urgent, c’est ce qui comporte une échéance immédiate: c’est maintenant!
  • ce qui est important, c’est qui vous permet d’obtenir un résultat sur quelque chose qui compte réellement selon vos objectifs prioritaires.
  • ce qui est urgent ET important, c’est par exemple une gestion de crise, le rendu d’un projet dans la journée..
  • ce qui est NI urgent NI important, ce sont les activités futiles, les gaspille-temps…
  1. Selon vous, le téléphone qui sonne, c’est urgent ou non? (oui, si vous n’êtes pas capable de ne pas décrocher)
  2. Selon vous une activité de détente c’est important ou non? (oui! cela participe à votre écologie personnelle qui participe à votre productivité; ce n’est pas la même chose que de perdre son temps)
  3. Selon vous la recherche de nouvelles opportunités, c’est important? c’est urgent?

Nous avons tendance à mettre en priorité ce qui est urgent. Or, nous devrions pour mieux hiérarchiser nos tâche nous concentrer sur ce qui est important, ce qui nous donne l’ordre suivant:

1- IMPORTANT et URGENT: à traiter immédiatement. Plus d’essence dans votre voiture 😉

2- IMPORTANT et NON URGENT: c’est là le secret! prioriser ce qui va vous servir pour la suite de votre développement (donc les activités de veille créative, networking, formation…appartiennent à cette catégorie)

3- NON IMPORTANT ET URGENT : répondre à certains emails, certaines réunion, choses gratifiantes, interruptions diverses

4- NI IMPORTANT NI URGENT: futilités, certains coups de fil, passe temps agréables… c’est tout simplement cette catégorie qu’il faut faire sauter lorsque vous avez besoin de temps pour réaliser quelque chose de plus dans votre emploi du temps.

Voici la matrice: essayez d’y ranger vos diverses tâches

urgent non urgent
important I

Crises

Problèmes urgents

Projets avec une dead-line

II

Prévention

Planification

Networking

Recherche de nouvelles opportunités

formation

non important III

Interruptions

Certains emails et appels

Certaines réunions

Certains rapports

Activités populaires

IV

Pertes de temps

faire semblant d’être occupé

Certains emails et appels « gaspille-temps »

Activités plaisantes et futiles

2- Créer l’emploi du temps qui va avec.

Une fois que l’on a réussi à qualifier ses activités et à les prioriser dans la matrice, il faut bien les mettre dans l’emploi du temps. Certains aiment à faire l’emploi du temps de la journée; par expérience, je trouve que faire son emploi du temps à la semaine est plus efficace. Cela permet de laisser de la place à l’imprévu qui ne manque pas d’arriver, tout en conservant ses objectifs. Au passage, n’oubliez pas de vous fixer des objectifs réalisables… ce n’est pas la peine de vous créer un emploi du temps 7j/7 à 12heures par jour.. ça ne marchera pas!

À ce stade, le plus important c’est de se garder un moment tranquille pour préparer la semaine sur un calendrier et bien vérifier qu’on n’y a pas mis QUE des activités urgentes! Le faire le vendredi soir pour boucler tranquillement la semaine et célébrer le fait qu’on a tenu ses objectifs de la semaine; ou le dimanche pour l’avoir bien en tête le lundi matin.

3- Savoir dire non…. pour dire OUI

Forcément il y a des choix à faire un jour ou l’autre. Ou peut-être êtes vous ce genre de personne qui ne peut refuser lorsque qu’un client ou un collègue vous demande de l’aider sur un nouveau sujet pour lequel vous n’êtes pas missionné ou vous n’avez pas prévu de temps. Vous allez dire oui la mort dans l’âme.

Rappelez-vous alors d’une chose capitale: lorsque vous dites OUI à ce client intrusif ou ce collègue un peu sans-gêne, ce n’est pas que vous « ne savez pas dire non »…c’est que vous dites NON à autre chose. A cette chose que vous aviez tagguée comme « IMPORTANTE » parce qu’elle avait du sens et vous portait vers votre objectif ou votre mission. Réfléchissez alors si cela en vaut bien la peine.. Et dites OUI à ce qui est vraiment important pour vous.

4- Penser actions plutôt que résultat global.

Ce qui signifie, voir l’arbre et non la forêt pour pouvoir avancer concrètement. Donc pas de to-do liste avec en bullet-point « repenser la stratégie de l’entreprise ». Demandez-vous plutôt : qu’est ce que je pourrais faire comme action qui ferait avancer la stratégie de l’entreprise… Et chacune de vos réponses peut rentrer alors dans l’agenda.

5- Les sollicitations extérieures.

C’est une évidence mais nous savons de moins en moins bien résister aux nombreuses sollicitations extérieures et notre capacité de concentration chute drastiquement. Selon une étude menée par Microsoft , « les jeunes d’aujourd’hui accordent en moyenne 8 secondes à chaque nouvelle information, contre 12 secondes en 2000, pour juger de sa pertinence. A titre de comparaison, Microsoft rappelle qu’un poisson rouge peut rester concentré jusqu’à 9 secondes. »..*

Donc il est indispensable de se garder quelques phases de travail concentrées hors de toutes notification mail ou téléphone pour être efficace. Et je vous conseille de les prévoir à l’avance. L’une de mes cliente, m’a raconté avoir eu l’impression d’un sevrage aussi dur que celui de la cigarette quand elle a décidé de ne relever ses emails que 4 fois par jour…Elle se sent complétement libérée aujourd’hui et 4 fois plus efficace.

6- Gardez l’équilibre …

…entre les moments réservés aux autres (réunions/ interactions/ discussions, réflexions à plusieurs) et les moments où vous produisez. Il ne s’agit pas de se couper du monde, il s’agit d’être réellement présent à ce que l’on fait. Communiquez sur votre organisation, faites-là respecter. Cela fera également changer les autres autour de vous.

8- Modélisez!

Chaque fois que vous finissez quelque chose qui vous a pris du temps, demandez-vous si vous pourriez vous en resservir. Par exemple, l’une de mes ancienne collègue a mis au point une trame d’interview qu’elle ressort systématiquement à chaque démarrage de projet; Elle l’a « objectivée » améliorée régulièrement, mais surtout elle l’a rangée dans un dossier de base de données de documents méthodologiques de démarrage de projet. Le gain de temps se trouve autant dans le contenu, que dans la capacité à le retrouver immédiatement.

9- La procrastination

Ah vous êtes un procrastinateur? Ou alors vous pensez que vous travaillez mieux lorsque vous faites les choses au dernier moment ? Je crois que vous êtes peut-être un perfectionniste qui préfère encore se donner des contraintes de temps pour pouvoir se pardonner si tout n’est pas parfait;

ou que vous faites partie de ceux qui ont peur d’échouer en usant du même stratagème…

J’ai rencontré quelqu’un récemment qui me parlait de la loi de Parkinson, vous savez, ce principe selon lequel si vous donnez un mois à une activité qui peut se réaliser en une semaine, celle-ci prendra effectivement un mois.. Selon cette personne, travailler au dernier moment sert contrer cette « loi » et à faire rentrer dans un temps imparti (le plus court possible) les activités pour être sûr d’être hyper rentable.

Cela peut marcher: on se donne 2h pour faire ce compte rendu…pas une minute de plus! Mais attention à ne pas trop se mettre tout seul en situation dangereuse en le faisant à la dernière minute. Cela ne marche pas à long terme parce que cela use les batteries sans jamais les recharger.

La théorie des petits pas

Je suis une adepte des la théorie des petits pas. C’est un peu la théorie des post-it qui consiste à découper un projet en plein de petites tâches facilement faisables. Sauf qu’un pas c’est une action, pas un post-it, c’est beaucoup plus puissant.

Donc je vous propose de faire votre premier pas des votre réorganisation en vous posant cette question:

« à quoi vais-je consacrer le temps que je vais me dégager en m’organisant ?»

 

*Stéphen Covey: les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent. J’ai Lu.