Tragi-comédie #coaching #escroc #pervers

Il arrive parfois malheureusement que notre route croise celle d’une personne toxique et perverse. Pire, comme c’est le cas dans l’histoire que je vais vous raconter, il arrive que cette personne représente une figure d’autorité, et que vous la laissiez entrer dans votre sphère, tout simplement parce que cette personne est formatrice ou coach. 

C’est ce qui m’est arrivé, -à moi dont c’est le métier!- il y a quelques temps. En me présentant à la « formation de formateurs » d’une jeune entreprise en pleine croissance pour ensuite  enseigner  à mon tour son programme à ses clients, je suis tombée sur un « coach » pervers qui a bien failli me faire douter de moi. 

Comment dire…

J’ai longtemps hésité sur la manière de partager cette expérience et le message que je voulais faire passer avec. J’ai eu envie de dénoncer le personnage et ses pratiques et de faire du bruit! Et  au fur et à mesure que je racontais ma mésaventure à mon entourage, j’ai discerné le « tragi-comique » de la situation. Comment avais-je pu me laisser faire alors que c’était tellement gros? Moi, tellement expérimentée, tellement sûre de mes valeurs?

Alors il m’a semblé important de rappeler ici quelques messages fondamentaux

  • Lorsque cela m’est arrivé, je n’ai pas compris tout de suite; mais mon intuition m’a envoyé des signaux d’alarme.
  • Quand j’ai commencé à comprendre, j’ai  décidé de ne pas tenir compte de ces signaux, de continuer la  session  en me disant que ce qui comptait le plus  était ce que j’allais en retirer (apprentissages et opportunités de missions immédiates) , et non pas la manière dont la formation était conduite.
  • quand j’ai constaté les dégâts, il était trop tard, et j’ai mis du temps à m’en remettre (je vous explique pourquoi juste après)

Mon message est donc le suivant:

Écoutez votre intuition quand elle vous dit que quelque chose cloche! 
Sachez vous protéger, et protéger les autres. 
Ne vous laissez pas aveugler par le gain que vous pourriez obtenir: il n'y aura pas de gain car vous ne serez pas en mesure de le prendre.
Voici l’histoire en mode tragi-comique 😉

Lorsque j’ai rencontré la dirigeante d’une jeune entreprise de formation en pleine croissance, nous avons tout de suite eu envie de collaborer. J’avais envie de revenir à un format collectif et dynamique tout en poursuivant mes activités de coaching par ailleurs;  les deux pratiques s’enrichissant mutuellement.

De son côté elle cherchait à former une équipe capable d’incarner les valeurs de son entreprise et de déployer son programme de formation à plus grande échelle. J’étais donc ravie d’envisager cette collaboration.

Elle se faisait accompagner dans le développement de son entreprise par un coach, et m’a naturellement demandé de rencontrer cette personne pour entériner notre collaboration.

Épisode 1: Entretien individuel avec le coach

À peine franchi le seuil de son cabinet que le coach fringant d’une cinquantaine d’années m’interpelle:

– « Vous ,rien qu’à vous regarder je suis sûre que vous êtes du genre à n’en faire qu’à votre tête! « . Un peu interloquée je souris en me disant qu’au fond, oui, j’ai toujours fait ce que j’ai voulu, ce n’est pas faux.  Mais est-ce une sorte de compliment, un accueil qui se veut détendu ou au contraire une pique pour me mettre mal à l’aise?

Très vite, la conversation prend un tour étrange: après m’avoir dit 5 fois de suite que « ce n’est pas un entretien d’embauche » (on parle de finasserie entre salariat et sous-traitance ou bien?), il me pose des questions « réflexives » en grosse quantité : »j’aimerais savoir quelle question vous aimeriez me poser »; « et si je vous  posais la question, quelle question me poseriez-vous? »….

Je commence à ne plus rien comprendre et je me fais même rabrouer lorsque j’ose poser une question « fermée »! (histoire d’y voir un peu plus clair: « est-ce que vous avez envie qu’on travaille ensemble? – « Ah mais ça c’est une question FERMÉE à laquelle je ne peux répondre que par oui ou non.. » – « Ben justement, …)

Le point de non-retour arrive lorsque je commence à piaffer et lui dire que je ne comprends pas ce qu’il veut: « Vous savez, dans un commissariat, c’est celui qui pose les questions qui a le pouvoir, et là, le pouvoir je vous le donne, j’ai l’impression que vous n’avez pas compris! »…Je suis estomaquée. -« Mais je m’en fous moi du pouvoir! » rétorquai-je en me disant en mon for intérieur « toi, si tu veux jouer à ça, on va jouer! ».

Et le voilà qui me demande -enfin!- de parler de mon parcours professionnel Je décide de  lui raconter tous mes échecs. (ricanements). Evidemment il se gausse: « mais êtes vous consciente du NOMBRE DE FOIS où vous avez dit le mot échec? C’est incroyable!!!…Et si vous nous parliez de vos succès? » – « Mais ce sont les mêmes… vous n’avez pas compris? » (re-ricanements)

Je quitte le cabinet sans avoir compris ce qui s’est passé; je ne suis pas plus avancée sur mes perspectives de collaboration avec l’entreprise, je me suis finalement « amusée » dans une sorte de joute verbale pathétique, et …j’ai l’impression d’avoir franchement loupé un épisode.

Quelques minutes après dans la rue je reçois un SMS : « comment vous-êtes-vous sentie dans cet entretien? »….!!!

Episode 2: la journée collective

Finalement, sans aucun débriefing sur ce premier entretien, me voilà conviée à une journée de « formation » où je retrouve une dizaine de personnes qui, je le suppose, sont là comme moi pour intégrer cette équipe de formateurs.

1ere alarme: nous sommes 10 personnes en cercle, et nous ne nous présentons pas les uns aux autres. Une sorte de blind-test musical est supposé faire office de brise-glace… Je ne connais rien dans la playlist, ça commence bien.

Alors qu’une des participantes dira plus tard « ce qu’il m’a manqué c’est que l’on se présente au début » le coach lui répondra: « mais tu étais aussi jugée sur la manière dont tu allais te présenter aux autres spontanément!  »

2eme alarme: nous devons chacun créer une mini-animation/ formation en 10 minutes et la présenter aux autres, face caméra. Les participants font des feedbacks à la fin sur leur ressentis et le coach fait des commentaires sur le langage non-verbal. « Quand tu tournes tes épaule vers la droite, tu ne donnes pas le bon message! ». Ah zut. Je n’ai jamais été aussi mauvaise, et encore une fois ce sentiment très bizarre que je n’apprends rien, qu’aucune information n’arrive jusqu’à moi (je n’ai pas revu la vidéo, les commentaires n’avaient aucun sens pour moi) . Je me sens jugée -et croyez-moi pas en bien!-mais personne ne dit rien. Tout est condescendant.

Je commence à me sentir complètement nulle. Moche. Incapable…J’ai la trouille chevillée au corps (mais je ne comprends pas, d’habitude j’adore tous ces trucs là…)

3eme alarme (sirène d’alarme) : juste avant le déjeuner, nous « debriefons » en groupe, et le coach fait un lapsus : « Dans ce casting… »Stupéfaction du groupe. Ah! Nous sommes donc tous concurrents, et nous ne sommes pas tous là pour apprendre, nous sommes là pour être selectionnés?! Réponse du coach: « ben oui, on n’est pas dans le monde des bisounours! »Nous allons donc être rappelés le lendemain, un par un pour savoir si « nous continuons l’aventure »…

J’apprends au passage, que certains participants travaillent avec le coach et je ne comprends pas s’ils sont là comme observateurs ou participants…

Je ne m’étends pas sur  l’après-midi que j’ai passée dans un brouillard confus. En revanche une dernière saillie du coach m’achève: avant de partir, il nous remet la feuille habituelle d’évaluation, dont la dernière question est la suivante : « indiquez la personne que vous voyez le plus intégrer l’équipe » puis « indiquez la personne que vous voyez le moins intégrer l’équipe « …

Ce qui m’a détruite (momentanément je vous rassure)
  • ne pas avoir réagi quand j’ai compris que l’objectif de la journée n’était pas donnée en début de session, en ayant l’intuition qu’il y a avait là quelque chose de louche ;
  • ne pas avoir demandé un tour de table pour confirmer (comprendre) les rôles et intentions de chacun;
  • ne pas avoir rendue explicite l’idéologie sous-jacente de ces exercices qui était: « si on a affronté les pires conditions à l’exercice, on s’en sortira sur le terrain » (marche ou crève) et m’être interrogée sur le fait de savoir si j’étais d’accord pour ce type d’épreuve, si je me sentais suffisamment protégée et si je jugeais cela constructif et apprenant;
  • m’être laissée entrainer à faire une prestation déstructurante et dévalorisante sans aucune possibilité d’apprentissage et de transformation;
  • n’être pas partie à la mi-journée quand les règles du jeu sont enfin apparues;
  • être suffisamment abasourdie pour ne pas m’insurger publiquement contre le fait d’avoir à « dénoncer » ceux qu’on ne veut pas voir intégrer l’équipe parmi ses camarades.

Conclusion

Je ne me suis pas protégée. Je me croyais suffisamment forte pour jouer à ce jeu. Mais quand les règles ne sont pas données, on est toujours perdant à la fin.

J’ai joué contre mes valeurs pour l’appât de la récompense (de belles missions bien payées). J’ai malgré moi toléré que l’éthique de nos métiers soit jetée aux orties sans autre forme de procès. Et ça m’a amputée quelque chose de moi-même.

Je le répète enfin: rien ne mérite qu’on n’écoute pas la petite voix qui nous dit gentiment: « il y a quelque chose qui coche là-dedans ».. Soudainement, cela me rappelle mon moniteur d’auto-école il y a très longtemps qui m’avait dit: « Quand on n’est pas sûr, il vaut mieux freiner. Se faire klaxonner ne tue pas; avoir un accident, si. »

Freinons, quand nous avons un doute. Ça n'empêche pas de redémarrer si tout va bien.

la fin de l’histoire? Le lendemain j’ai reçu ce fameux coup de fil. Je continuais l’aventure… malgré le fait que je n’étais pas très « solaire ».

Je n’ai pas continué cette aventure là.

« Tu devrais networker… »

Version originale de l'article paru sur le blog de CREADS

Lorsque j’observe les freelance et entrepreneurs autour de moi, je m’aperçois que beaucoup sont très isolés. Et lorsqu’ils ressentent ce sentiment de solitude, en fait cela fait déjà très longtemps que le vide s’est fait autour d’eux.

Passionnés par leurs jobs, mais aussi débordés par les heures de travail, de prospection, d’administratif, ils se sont jetés à corps perdu dans leur mission, ils ont travaillé le soir et le week-end, ont oublié de faire du sport, de sortir, de se détendre, de voir leurs amis…

et lorsque la mission s’achève enfin, et qu’il faut en trouver une autre, ils s’aperçoivent alors qu’ils sont seuls.

À ce moment là, l’unique conseil qu’ils reçoivent c’est  le fameux « tu devrais networker c’est la clé pour réussir! ».

C’est un très bon conseil. Mais franchement, quand vous avez l’impression d’être un ours en hibernation, et qu’on vous demande de vous transformer en diva de la communication, ça pique. 

Rapidement, « réseauter » à quoi ça sert? 

Pour aller droit au but, « le réseautage est un moyen de se créer des relations professionnelles qui vous permettront d’accéder à des opportunités insoupçonnées »; autrement dit le réseautage vous permettra probablement de trouver des nouveaux clients, de nouveaux jobs ou de nouvelles missions …mais dans un second temps.

L’idée force c’est que les réelles opportunités sont celles pour lesquelles vous êtes recommandées car elles vous correspondent et bénéficient d’un capital confiance énorme offert par la personne qui vous recommande.

Il s’agit donc de rencontrer ces personnes, et d’établir avec elles une relation professionnelle riche et confiante.. sans avoir jamais travaillé avec elles!

Comment rencontrer ces personnes et que leur dire sont les deux questions épouvantables que l’on se pose quand on se sent isolé et qu’on ne sait pas par où commencer.

Voici 5 conseils pour vous en sortir.

n°1: Le déblocage : les applis

On vous a probablement conseillé d’aller dans des « événements », des cocktails, des vernissages ou autres salons professionnels pour vous retrouver au beau milieu de ces personnes que vous avez identifiées comme vos clients potentiels. Sauf que vous n’osez pas vous présenter spontanément, et que vous rougissez rien qu’à l’idée d’avoir à « vendre » votre offre. Du coup, vous restez collé au fond de la salle avec votre verre de jus d’orange à la main. Vous le faites deux fois et puis vous vous jurez que vous ne le ferez plus jamais!

Avant de devenir un professionnel du réseautage (oui, il y a certaines personnes qui sont super à l’aise avec ça) voici un moyen tout-à-fait intéressant pour commencer: les applications de networking.

Elles fonctionnent selon plusieurs critères (géolocalisation/ rencontres sur préférence de profil/ événements…) choisissez celle qui vous convient le mieux.

Pourquoi ce conseil numérique à des personnes qui se sentent isolées? Parce que c’est un démarrage en douceur; parce que ces applis vous apprennent les bases de ce qu’il faut savoir faire pas à pas; en enfin parce que la finalité est bien de rencontrer les personnes en vrai et non rester derrière son écran.  En effet c’est là que va se créer le feeling et la confiance nécéssaire à une recommandation ultérieure.

 

n°2: savoir dire qui on est et ce que l’on fait. 

Ça a l’air tout simple, dit comme ça mais l’exercice n’est pas si aisé. C’est la fameuse question-cocktail : « et vous, que faîtes- vous dans la vie? » à laquelle peu de personnes savent répondre clairement et précisément. Sur les applis, vous commencez par définir votre profil. Il vous faut un « titre » puis une description de ce que vous faites, et enfin des liens vers vos sites, portfolios, ou autres réseaux sociaux. Vous rajoutez vos expériences précédentes et votre formation.

Une fois que vous serez à l’aise avec ça, il vous pourrez reprendre ces éléments et  les « scénariser » pour vous présenter dans la vraie vie! La « scénarisation » c’est l’histoire que vous allez raconter sur vous qui pourra être plus ou moins courte, avoir des styles différents, un vocabulaire différent mais qui reprendra toujours les éléments de votre profils, et qui aura toujours comme aboutissement logique là où vous en êtes aujourd’hui, ou la direction professionnelle que vous prenez.

J’ai connu quelqu’un qui commençait sa présentation par « ma vie pro est une suite d’échecs! » .rires. étonnement. attention captée. Puis il racontait avec beaucoup d’humour trois expériences apparemment ratées (il s’était fait virer, s’était trompé d’orientation etc.) pendant que l’auditoire se rendait compte subtilement que ses trois rebonds successifs étaient remplis d’intelligence, de ressources et de créativité, ce qui était son fil rouge.

Vous n’êtes pas obligé d’aller aussi loin pour commencer! Être clair sur vous-même est déjà assez rare pour constituer une réelle avancée.

Pour résumer, ce que vous saisissez dans l’application vous sert également dans la vraie vie.

n°3: savoir et savoir-dire ce que l’on attend 

Alors voilà où les choses deviennent très intéressantes! C’est bien de savoir se présenter. Mais souvent les personnes s’arrêtent là, et attendent que leur présentation à elle-seule déclenche une étincelle chez leur interlocuteur, et que celui-ci soudainement se mette à leur proposer mille et une opportunités… Ça arrive. Mais c’est rare.

Ce qui arrive le plus souvent si vous vous arrêtez à la fin de votre présentation, c’est que votre interlocuteur vous trouve certes intéressant, mais n’ait pas l’envie ou le courage de faire tout seul la démarche de se demander, quelles pourraient être vos opportunités, ce dont vous avez besoin et comment il pourrait vous aider!

Du coup il vous répond que « c’est génial comme parcours… » et il se met à parler d’autre chose. La relation n’est pas crée, la confiance n’est pas établie, et clairement, il ne vous rappellera pas.

Alors que si vous savez ce que vous attendez d’un entretien, la personne se sent tout de suite valorisée parce qu’elle a été choisie pour son savoir ou son experience.

Si vous exprimez ce dont vous avez besoin (un conseil, un témoignage sur une expérience, des renseignements sur telle ou telle entreprise etc,) les choses sont précises et la personne en face est en confiance.

Soit elle peut vous aider, soit elle ne le peut pas, mais dans tous les cas, la relation est claire et franche. La confiance est là. Et la discussion devient tout de suite professionnelle. Avec un peu de chance elle devient même une réunion de travail!

L’expérience m’a montré que les autres veulent nous aider. Ça semble fou dans un monde complexe de concurrence, de paranoïa parfois, ou juste d’indifférence, mais le constat est là. Les gens veulent aider, naturellement, s’ils le peuvent.

Vous-même, si un jeune vous aborde en vous disant qu’il sort de l’école et qu’il se demande si c’est le bon moment pour commencer en freelance ou bien s’il faut faire ses armes en entreprise même si la perspective ne l’enchante pas, et qu’il vous demande comment ça s’est passé pour vous… vous allez l’envoyer sur les roses? Je parie que non.

Dans les aplications  vous devez remplir dans votre profil ce que vous cherchez (un nouveau job, des conseils, un collaborateur, etc.) : Ainsi lorsqu’une relation est établie, la personne en face sait exactement ce que vous cherchez! Et réciproquement.

La relation est ainsi tout de suite « qualifiée » ce qui ôte toute pression avant la rencontre car on part d’entrée de jeu sur un interêt commun ou un échange. Et je trouve cela hyper pertinent.

n°4: se fabriquer des entames toutes faites

Comment rédiger un mail de demande de mise en relation? ( sans y passer 3 jours..) Là aussi les applis nous aident beaucoup en nous proposant 4 ou 5 modèles à utiliser et à personnaliser.

Evidemment la meilleure mise en relation débute par quelque chose d’ultra-personalisé; mais pour commencer, on peut avoir recours à des « entames» un peu plus standards qui nous donnent de l’élan. Au fur et à mesure, on les affinera, et on verra aussi ce qui marche bien et ce qui marche moins bien!

Comme vous avez déjà réfléchi à ce que vous souhaitiez demander à la personne qui vous interesse, il est beaucoup plus facile de le mettre tout de suite dans ce fameux mail.

n°5: entretenir des relations sur le long terme. 

J’enfonce des portes ouvertes, mais je crois qu’il faut absolument le marteler. Le réseautage fonctionne s’il est sincère et authentique. En aucun cas il s’agit de rencontrer le plus de personnes possibles pour voir celles qu’on va « utiliser » et celles qu’on va « jeter ».

Autrement dit, quelque soit le résultat de votre échange, vous devez absolument renvoyer un message de remerciements pour cet échange, ou ce moment. Et plus tard, renvoyer quelques nouvelles sur l’avancée du projet dont vous lui avez parlé ou demander des nouvelles de ses projets à elle.

Pourquoi? cela n’a rien d’hypocrite, au contraire, c’est à ce moment là que les fils se tissent, que parfois les conversations s’engagent, et que les opportunités arrivent; car c’est là que vous écrivez ou vous téléphonez sans rien à demander, sans rien à recevoir. Juste par réel interêt.
Ce temps là n’est jamais perdu, et il vous permettra  peut-être de rencontrer des personnes extraordinaires, de futurs associés, votre prochaine mission, une nouvelle opportunité, ou -pourquoi pas?- ceux qui deviendront vos meilleurs potes.

En conclusion, on est d’accord, pour parvenir à vos fins, il faut du réseau. Un réseau ça se construit, ça se travaille, ça s’entretient.

Mais quand on est tout seul et qu’on déteste les événements networking, c’est un peu plus compliqué… au début! C’est pourquoi je vous conseille de vous mettre le pied à l’étirer avec les applications de networking qui vous « mâchent  le travail » jusqu’à ce que la démarche ne vous fasse plus peur et que rencontrer des inconnus soit devenu un plaisir.

Petit à petit vous adapterez votre présentation, vous jouerez avec, vous saurez la moduler selon vos interlocuteurs, ou le temps dont vous disposez; l’exercice deviendra réflexe.

De nos jours, les frontières entre la vie personnelle et la vie professionnelle sont de plus en plus poreuses, c’est pourquoi tous les réseaux sociaux (virtuels ou réels) sont des puits pour construire votre propre réseau. Alors n’hésitez plus, networkez!

Pourquoi les 5 pourquoi, ça ne marche pas?!

« Outils indispensable » pour « éradiquer vos problèmes » la fameuse méthode des 5 pourquoi qu’on vous sert à toutes les sauces dans toutes les formations en management, ou en développement personnel, ça m’exaspère!

Vous connaissez le principe : vous avez un problème. Vous l’énnoncez; puis vous demandez « pourquoi? » vous avez ce problème; vous trouvez une première réponse; vous prenez cette réponse et la soumettez à son tour à la question « pourquoi? »et ainsi de suite, 5 fois de suite; Au bout de ce questionnement vous parvenez à la cause ultime de votre problème.

À ce point, vous êtes donc capable en supprimant la cause… de supprimer le problème.

(Contre-) Exemple:

  • je m’ennuie dans mon travail actuel
  • pourquoi?
  • parce-que je n’apprends rien d’intéressant
  •  pourquoi?
  • parce-que les missions que l’on me confie sont toujours les mêmes
  • pourquoi?
  • parce que personne d’autre n’est mieux qualifié que moi pour les réaliser
  • pourquoi?
  • parce-que mes collègues ne sont pas formés de façon adéquate
  • pourquoi?
  • parce-que l’entreprise n’a pas le temps de les former.

Pensez-vous vraiment que le fait que l’entreprise n’ait pas le temps de former cette personne soit la cause ultime du fait qu’elle s’ennuie? 

Voilà, les sorties de route sont légions avec ce processus et ceci pour deux raisons très simples

1- Si jamais on arrive dans l’une des réponses à une cause extérieure, la démarche n’a plus de sens si on ne peut agir sur cette cause. Dans notre exemple, c’est l’entreprise qui est révélée comme la cause du problème; et l’on ne peut agir dessus (à moins d’en être le patron) donc…

2- Cette méthode est issue de process qui ont été crées pour des machines au Japon! (pour faire court) *

3- les être humains et les entreprises sont des systèmes complexes . De multiples éléments entrent en interaction pour produire des situations qui, parfois, deviennent problématiques. Lorsque différentes variables entent en jeu pour produire cette situation,  l’outil est totalement inefficace, puisqu’il ne peut prendre en compte « qu’une ligne de causalité ». (Ou alors il faudrait le refaire X fois….quel bazar!)

En effet il cherche un lien de cause à effet. Or le lien de cause à effet nous amène à trouver des responsables. And so what? Peut-on vraiment  « éradiquer » tous les éléments responsables de notre problème?

Reprenons l’exemple du dessus en changeant la fin:

  • on me donne toujours les mêmes missions
  • pourquoi?
  • parce-que je n’ai jamais manifesté mon désir de faire autre chose
  • pourquoi?
  • parce que je suis sûre que mon chef va refuser
  • pourquoi?
  • parce que ça ne s’est jamais fait dans l’entreprise.

OK! on a trouvé LA solution! La personne va aller voir son chef en ayant bâti un argumentaire solide sur son potentiel et en faisant des propositions pour former elle-même son successeur. Magnifique. Et si le chef refuse? Retour à la case départ.

Et si le chef accepte mais que finalement la personne ne se plait pas du tout dans son nouveau poste? Certes elle aura résolu son problème d’ennui au sens strict, mais pour autant aura-t-elle vraiment agit dans le bon sens ?

Première conclusion : nous ne sommes pas des machines, contrairement à ce que croient encore certains; les solutions pour les machines ne sont donc pas adaptées aux êtres humains.

Deuxième conclusion: oui la complexité fout la trouille parfois. Et dans ces moments là on aurait très envie qu’un petit process de réparation nous permettent de régler tous nos problèmes. Mais s’il y a complexité, ça veut dire qu’il y a aussi non pas une seule, mais des tonnes de solutions! Et c’est là où ça devient franchement intéressant.

Alors oui, il va falloir chercher, travailler,  être parfois perdu, tester, essayer, recommencer, mais à la fin la solution que nous aurons déployée pour résoudre notre problème de départ sera notre création personnelle sur laquelle on pourra sans crainte s’appuyer pour aller plus loin sur notre chemin.

À très vite pour la suite..

*Cette technique a été à l’origine développée par Sakichi Toyoda puis fut mise en œuvre chez Toyota pendant l’évolution de ses méthodologies industrielles. L’outil a vu son utilisation répandue bien au-delà de Toyota et est maintenant utilisé dans Kaizen, Lean Manufacturing et Six Sigma.

Ma vie mon œuvre, ou le personal branding 

Aujourd’hui je commence une série d’articles, de réflexion et de programmes sur le personal branding, la marque personnelle ou le marketing personnel (choisissez l’expression qui vous énerve le moins), outil de positionnement indispensable pour trouver un job, des clients, un stage, lever des fonds, ou être capable d’expliquer à sa grand mère ce qu’on fait dans la vie. 

Or, ça fait des jours que je travaille sur ce thème et que je n’arrive pas à trouver une traduction satisfaisante car jai le sentiment que « personal branding » dit exactement le contraire de ce que c’est et pourquoi c’est important de le travailler…

Loin de moi l’idée de déconsidérer le concept (voir les très drôles personal branling et I am a brand tout de même!).

Mais je m’adresse ici en priorité à ceux pour qui le « marketing de soi-même » fait grincer les dents. Ceux qui ont du mal à se voir comme un produit de consommation, ceux qui pensent que travailler sa marque personnelle c’est apprendre à se vendre, sous-entendu: « apprendre à mettre en valeur de façon outrancière des qualités qu’il n’ont pas forcément mais qui répondent à l’attente de leur cible, dans l’unique but de ferrer le client, c’est-à-dire de le piéger ». Oui, vu comme ça, ça fait peur, parce qu’une fois que le client est attrapé, il va falloir lui mentir, le voler, bref tricher.

Alors voici les 2 choses que je pose ici dans le but avoué de parvenir (avec votre aide j’espère) à trouver une meilleure traduction de l’idée de personal branding.

1- Dans personal branding il y a « branding »

Une marque évolue sur un marché, cela signifie-t-il que nous sommes sur un marché?

Nous sommes tous sur un marché, et c’est une bonne nouvelle.

Quelle que soit notre situation, freelance, étudiant, salarié, chômeur, et quel que soit notre domaine professionnel, nous sommes sur un marché, celui du travail. Le marché du travail c’est l’espace où clients et prestataires se rencontrent, où collaborateurs et entreprises se choisissent, où projets et investisseurs négocient, où partenaires et associés travaillent leur vision, ou jeunes diplômés et entreprises parient sur l’avenir.

Bref, c’est là où tout se crée. Nous sommes tous des produit de création, plutôt que de consommation; et c’est pour cela que le « personal branding » (je ne m’y fais pas!) va nous aider à créer notre place sur ce marché, celle qui nous convient vraiment.

On reparlera de concurrence, d’offre et de demande..etc.

2- Dans personal branding il y a « personal »

Ce qui laisserait à penser que c’est une démarche auto-centrée, dont l’intention est de parvenir à identifier et mettre en avant ce qui est unique en nous, notre excellence personnelle, et qui demanderait un profond travail de « connais toi toi-même ». Oui et non.

OUI! parce qu’il est primordial de « se connaître » pour comprendre ce que l’on veut apporter aux autres comme valeur; (on y reviendra)

mais NON car d’abord se connaître est le travail d’une vie (…) mais surtout parce que -et pour une fois je suis d’accord avec lui-, Bourdieu a justement rappelé que « notre excellence ne fait pas partie de notre identité narrative » et que celle-ci se trouve « dans la relation à l’autre », c’est-à-dire grâce à l’autre….

Et là, le côté « personal » perd quand même largement de sa valeur…

Ce qui est à retenir c’est que l’intention même du personal branding (argh! ce mot…) c’est de se relier à ceux avec qui on va créer une vente, un projet, une envie, une collaboration, un job…

Personal branding, marque personnelle, marketing personnel, bref, je crois que nous allons plutôt parler de se relier pour créer.

formations, collectifs, codéveloppement…

Il y a deux choses qui m’ont frappées récemment à propos des formations professionnelles : 

  • la force du collectif,
  • la faiblesse du collectif.

La formation professionnelle évolue au fur et à mesure des études sur la pédagogie, des progrès de nos connaissances en neurosciences, et de nos expérimentations.

Et les pratiques changent.

Dans la dernière formation que j’ai pu observer, toute la pédagogie était fondée sur la pratique, l’apprentissage par le faire, sur l’expérience à deux, puis en petit groupe, puis en grand groupe.

Beaucoup de choses ont été testée, vécues, découvertes à plusieurs.

Et TOUS les participants ont souligné à la fin, que ce qui les avait le plus marqués c’était

– la dynamique collective, et la puissance qui s’en dégage

– la bienveillance des participants et la confiance que cela avait crée;

La force du collectif…

Personne n’a cité en premier les apprentissages en eux-mêmes qui arrivaient en 3ème position.

Quelques temps plus tard, j’ai revu des participants.

Voici leur retour:

  • le groupe leur manque. Ils ont vraiment passé un bon moment,
  • Ils ont commencé à mettre pratique ce qu’ils avaient appris, mais ils se demandent si cela va vraiment durer. Certains ont déjà abandonné.
  • Ils ont du mal à citer plus d’un objectif pédagogique de la formation.

On pourrait en déduire que ce que veulent réellement les personnes qui s’inscrivent à ces formations c’est rencontrer des nouvelles personnes, hors du contexte professionnel pour “rêver ensembles” à un quotidien professionnel qui serait bienveillant et apprenant.

Rêver ensembles, pour se réconforter, et se dire que cela doit bien exister, quelque part, un monde du travail où, dégagés des contraintes des plannings, des budgets, de la rentabilité et de l’autorité, on serait…heureux.

Et voilà ce que j’appelle la faiblesse du collectif, car il valide le fait

  • que les apprentissages sont une durée de vie limitée,
  • que la formation est déconnectée de la réalité du travail quotidien à long terme,
  • que le collectif est automatiquement dilué dés lors qu’il se retourne lui-aussi vers les contingences quotidiennes.

ET SI…, on faisait autrement?!

Si, au contraire, on inscrivait la puissance du collectif dans la réalité quotidienne du travail?

Si, au contraire, la formation devenait sans fin?

Si, au contraire, le collectif prenait à bras le corps les problématiques de budget, planning, conflits etc. et apprenait à les résoudre petit à petit avec confiance et bienveillance?

Co-développement.

Tout est dans le nom. Se développer ensembles.

Un groupe de “pairs” qui se réunit régulièrement tout au long de l’année et qui exerce la puissance de ce collectif pour apprendre, aider, résoudre, réseauter, se confier, rassurer, développer, créer, imaginer, proposer et apprendre…à apprendre.

Ce qu’on gagne? 

– pérennité versus “one shot”

– culture d’entreprise, culture de métier, culture de créativité

– innovation managériale

– solidarité, confiance, écologie

– solutions, progrès individuels, progrès collectifs

Ce que ça nécessite? 

Un animateur formé, et des volontaires.

Pas plus.

“On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés” (Albert Einstein)