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S’organiser… sans to-do list

Vous en avez assez de vous sentir épuisé dés le lundi soir quand vous avez compris que votre semaine serait pire que celle d’un pompier californien en période estivale? Vous en avez assez de vos to-do lists que vous ne suivez jamais? Vous souffrez dés que votre chéri(e) vous dit qu’il est temps de s’organiser pour les vacances alors que vous avez un rendu à la fin du mois?

La bonne nouvelle, c’est que tout le monde peut réussir à s’organiser;

Et non! la procrastination n’est pas une fatalité ni un trait de personnalité; vous n’êtes pas non plus obligé de passer en mode survie chaque jour pour éteindre des incendies professionnels, paniquer à l’idée qu’on vous colle une réunion de plus, ou à essayer de suivre une to-do list infinie. Et enfin non! s’organiser ce n’est pas consacrer deux heures par jour à faire … des to-do lists.

Mon premier boss en agence de design, il y a très longtemps m’avait dit une chose surprenante à l’époque: « Si on charrette, c’est que l’on s’est plantés sur le planning ». Nous vivions une époque où « charretter » était une figure de style obligée et quasi revendiquée du travail en agence créative.. façon Mad Men, vous voyez?! Autant vous dire tout de suite que je suis devenue une professionnelle du planning!

Alors pendant des années je me suis passionnée pour toutes les méthode d’efficacité organisationnelle et d’outils de productivité, et ce que j’ai découvert à propos de l’organisation et de la priorisation des tâches est à la fois le fruit de cette longue exploration, mais aussi tout le contraire de ce à quoi nous sommes formatés par l’école et par la société.

Retrouver la maîtrise …

Voici donc quelques « trucs » qui semblent frappés du sceau du bon sens, mais qui lorsque vous les aurez appliqués vous permettront d’envisager les journée chargées avec détermination et espoir, vous permettront de savoir dire «non», vous permettront d’arrêter de procrastiner, et enfin, vous permettront de jeter une fois pour toutes vos to-do lists à la poubelle.

Trouver son « Pourquoi »

La première chose la plus importante à savoir avant même de commencer à vous organiser est de savoir pourquoi vous voulez vous organiser. Pour être plus efficace? Pour pouvoir rendre vos livrables en temps et en heure? pour être encore plus rentable pour votre entreprise? Pour devenir -comme je l’ai vu écrit sur une formation à la gestion du temps-, une « machine à produire »?

Non. Certainement pas. La seule raison valable pour s’organiser est de pouvoir se dégager du temps pour pouvoir faire les choses qui sont vraiment importantes pour vous.

Si vous ne savez pas à quoi vous allez consacrer le temps que vous allez gagner, il est sûr et certain que vous ne ferez que continuer à faire plus …de la même chose qu’aujourd’hui.

Quel est le projet qui VOUS appartient et qui vaut la peine de ne plus être esclave des journées à rallonges pleines de tâches que l’on ne finit jamais..(oui oui il y des gens qui aiment bien ça, et qui sont très à l’aise avec le fait d’être débordés qui leur donne l’air d’être important!).

Aller faire du sport 2h par jour? ok. Arriver à l’heure pour embrasser vos enfants le soir avant qu’ils ne s’endorment? ok. Travailler sur le projet qui vous tient à cœur mais qui n’est pas dans votre mission officielle? ok. Améliorer votre pratique professionnelle, faire de la veille, ou entamer la formation dont vous rêvez? ok.

Cette liste à la Prévert pour bien insister sur le fait que la raison profonde de l’organisation doit avoir du sens pour vous peu importe qu’elle semble futile.

Ensuite vous serez capable de vous organiser pour tous les projets qui vous sembleront réellement importants.

Deuxième élément avant de commencer à vous organiser: dans « savoir s’organiser » la composante sur laquelle vous allez vraiment travailler, c’est vous; avec vos peurs, vos habitudes, vos croyances.

Maintenant qu’on est d’accord sur les intentions de l’organisation, passons au concret:
1- Distinguer l’important de l’urgent – la matrice d’Eisenhower expliquée par S.Covey*

C’est l’une des clés du sujet! Dans toutes les tâches que j’ai à faire, qu’est-ce qui est important? qu’est ce qui est urgent? C’est sur cette distinction qu’est fondée la fameuse matrice d’Eisenhower qui lui a permis selon la légende d’organiser le débarquement en Normandie.

  • ce qui est urgent, c’est ce qui comporte une échéance immédiate: c’est maintenant!
  • ce qui est important, c’est qui vous permet d’obtenir un résultat sur quelque chose qui compte réellement selon vos objectifs prioritaires.
  • ce qui est urgent ET important, c’est par exemple une gestion de crise, le rendu d’un projet dans la journée..
  • ce qui est NI urgent NI important, ce sont les activités futiles, les gaspille-temps…
  1. Selon vous, le téléphone qui sonne, c’est urgent ou non? (oui, si vous n’êtes pas capable de ne pas décrocher)
  2. Selon vous une activité de détente c’est important ou non? (oui! cela participe à votre écologie personnelle qui participe à votre productivité; ce n’est pas la même chose que de perdre son temps)
  3. Selon vous la recherche de nouvelles opportunités, c’est important? c’est urgent?

Nous avons tendance à mettre en priorité ce qui est urgent. Or, nous devrions pour mieux hiérarchiser nos tâche nous concentrer sur ce qui est important, ce qui nous donne l’ordre suivant:

1- IMPORTANT et URGENT: à traiter immédiatement. Plus d’essence dans votre voiture 😉

2- IMPORTANT et NON URGENT: c’est là le secret! prioriser ce qui va vous servir pour la suite de votre développement (donc les activités de veille créative, networking, formation…appartiennent à cette catégorie)

3- NON IMPORTANT ET URGENT : répondre à certains emails, certaines réunion, choses gratifiantes, interruptions diverses

4- NI IMPORTANT NI URGENT: futilités, certains coups de fil, passe temps agréables… c’est tout simplement cette catégorie qu’il faut faire sauter lorsque vous avez besoin de temps pour réaliser quelque chose de plus dans votre emploi du temps.

Voici la matrice: essayez d’y ranger vos diverses tâches

urgent non urgent
important I

Crises

Problèmes urgents

Projets avec une dead-line

II

Prévention

Planification

Networking

Recherche de nouvelles opportunités

formation

non important III

Interruptions

Certains emails et appels

Certaines réunions

Certains rapports

Activités populaires

IV

Pertes de temps

faire semblant d’être occupé

Certains emails et appels « gaspille-temps »

Activités plaisantes et futiles

2- Créer l’emploi du temps qui va avec.

Une fois que l’on a réussi à qualifier ses activités et à les prioriser dans la matrice, il faut bien les mettre dans l’emploi du temps. Certains aiment à faire l’emploi du temps de la journée; par expérience, je trouve que faire son emploi du temps à la semaine est plus efficace. Cela permet de laisser de la place à l’imprévu qui ne manque pas d’arriver, tout en conservant ses objectifs. Au passage, n’oubliez pas de vous fixer des objectifs réalisables… ce n’est pas la peine de vous créer un emploi du temps 7j/7 à 12heures par jour.. ça ne marchera pas!

À ce stade, le plus important c’est de se garder un moment tranquille pour préparer la semaine sur un calendrier et bien vérifier qu’on n’y a pas mis QUE des activités urgentes! Le faire le vendredi soir pour boucler tranquillement la semaine et célébrer le fait qu’on a tenu ses objectifs de la semaine; ou le dimanche pour l’avoir bien en tête le lundi matin.

3- Savoir dire non…. pour dire OUI

Forcément il y a des choix à faire un jour ou l’autre. Ou peut-être êtes vous ce genre de personne qui ne peut refuser lorsque qu’un client ou un collègue vous demande de l’aider sur un nouveau sujet pour lequel vous n’êtes pas missionné ou vous n’avez pas prévu de temps. Vous allez dire oui la mort dans l’âme.

Rappelez-vous alors d’une chose capitale: lorsque vous dites OUI à ce client intrusif ou ce collègue un peu sans-gêne, ce n’est pas que vous « ne savez pas dire non »…c’est que vous dites NON à autre chose. A cette chose que vous aviez tagguée comme « IMPORTANTE » parce qu’elle avait du sens et vous portait vers votre objectif ou votre mission. Réfléchissez alors si cela en vaut bien la peine.. Et dites OUI à ce qui est vraiment important pour vous.

4- Penser actions plutôt que résultat global.

Ce qui signifie, voir l’arbre et non la forêt pour pouvoir avancer concrètement. Donc pas de to-do liste avec en bullet-point « repenser la stratégie de l’entreprise ». Demandez-vous plutôt : qu’est ce que je pourrais faire comme action qui ferait avancer la stratégie de l’entreprise… Et chacune de vos réponses peut rentrer alors dans l’agenda.

5- Les sollicitations extérieures.

C’est une évidence mais nous savons de moins en moins bien résister aux nombreuses sollicitations extérieures et notre capacité de concentration chute drastiquement. Selon une étude menée par Microsoft , « les jeunes d’aujourd’hui accordent en moyenne 8 secondes à chaque nouvelle information, contre 12 secondes en 2000, pour juger de sa pertinence. A titre de comparaison, Microsoft rappelle qu’un poisson rouge peut rester concentré jusqu’à 9 secondes. »..*

Donc il est indispensable de se garder quelques phases de travail concentrées hors de toutes notification mail ou téléphone pour être efficace. Et je vous conseille de les prévoir à l’avance. L’une de mes cliente, m’a raconté avoir eu l’impression d’un sevrage aussi dur que celui de la cigarette quand elle a décidé de ne relever ses emails que 4 fois par jour…Elle se sent complétement libérée aujourd’hui et 4 fois plus efficace.

6- Gardez l’équilibre …

…entre les moments réservés aux autres (réunions/ interactions/ discussions, réflexions à plusieurs) et les moments où vous produisez. Il ne s’agit pas de se couper du monde, il s’agit d’être réellement présent à ce que l’on fait. Communiquez sur votre organisation, faites-là respecter. Cela fera également changer les autres autour de vous.

8- Modélisez!

Chaque fois que vous finissez quelque chose qui vous a pris du temps, demandez-vous si vous pourriez vous en resservir. Par exemple, l’une de mes ancienne collègue a mis au point une trame d’interview qu’elle ressort systématiquement à chaque démarrage de projet; Elle l’a « objectivée » améliorée régulièrement, mais surtout elle l’a rangée dans un dossier de base de données de documents méthodologiques de démarrage de projet. Le gain de temps se trouve autant dans le contenu, que dans la capacité à le retrouver immédiatement.

9- La procrastination

Ah vous êtes un procrastinateur? Ou alors vous pensez que vous travaillez mieux lorsque vous faites les choses au dernier moment ? Je crois que vous êtes peut-être un perfectionniste qui préfère encore se donner des contraintes de temps pour pouvoir se pardonner si tout n’est pas parfait;

ou que vous faites partie de ceux qui ont peur d’échouer en usant du même stratagème…

J’ai rencontré quelqu’un récemment qui me parlait de la loi de Parkinson, vous savez, ce principe selon lequel si vous donnez un mois à une activité qui peut se réaliser en une semaine, celle-ci prendra effectivement un mois.. Selon cette personne, travailler au dernier moment sert contrer cette « loi » et à faire rentrer dans un temps imparti (le plus court possible) les activités pour être sûr d’être hyper rentable.

Cela peut marcher: on se donne 2h pour faire ce compte rendu…pas une minute de plus! Mais attention à ne pas trop se mettre tout seul en situation dangereuse en le faisant à la dernière minute. Cela ne marche pas à long terme parce que cela use les batteries sans jamais les recharger.

La théorie des petits pas

Je suis une adepte des la théorie des petits pas. C’est un peu la théorie des post-it qui consiste à découper un projet en plein de petites tâches facilement faisables. Sauf qu’un pas c’est une action, pas un post-it, c’est beaucoup plus puissant.

Donc je vous propose de faire votre premier pas des votre réorganisation en vous posant cette question:

« à quoi vais-je consacrer le temps que je vais me dégager en m’organisant ?»

 

*Stéphen Covey: les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent. J’ai Lu.

Experience d’un recrutement atypique

Je suis tombée récemment sur une annonce d’emploi suffisamment originale pour que je m’y arrête;

Un cabinet de conseil cherchait des collaborateurs sur des critères de savoir-être (peu importe d’ailleurs le secteur précis, car à y regarder de plus prêt, ça pourrait fonctionner dans beaucoup de domaines!) tels que :

  • Vous préférez la pratique à la théorie.
  • Vous aimez faire réussir les autres.
  • Vous vous passionnez pour toutes les formes de culture
  • Vous savez animer et improviser
  • Vous aimez confronter vos idées à celles des autres

Et c’est là que ça m’a interpellée:

« Pour postuler, envoyez nous un texte d’une page maximum qui présente une oeuvre de votre choix (livre, film, série TV, BD, etc), ce que vous en tirez sur les relations entre les humains et votre avis sur le sujet. »

Alors je me suis prêtée au jeu… et je vous livre le petit texte que j’ai envoyé à ce cabinet…


« Le restaurant de l’amour retrouvé »  – Ito Ogawa
Le restaurant de l’amour retrouvé, c’est l’histoire d’une résurrection. L’héroïne de ce roman japonais, Rinco, perd d’un coup son petit-ami, ses meubles et … sa voix.  La manière dont, sans voix, elle va trouver sa voie, est l’histoire d’une ré-invention personnelle créative. 

Après le drame, Rinco, est en état de sidération. Elle commence par s’enfuir et réfugier chez sa mère. La seule chose qu’elle emporte de sa vie passée c’est un pot de saumure (ingrédient de la cuisine japonaise) fait par sa grand-mère car la seule compétence que celle-ci  lui a transmise, c’est la cuisine.

Elle décide alors d’ouvrir un restaurant dans cette bourgade éloignée. Rinco ne parle toujours pas et se fait comprendre en écrivant sur des petits billets en papier. Etrangement elle se fait aider et assister dans sa tâche malgré cette communication pour le moins étrange. Dans sa solitude et sa peur, Rinco découvre alors qu’elle peut aider les gens avec sa cuisine.

Et c’est là que se fait la grande transformation: petit à  petit, elle trouve un sens à sa cuisine et ré-invente ses rites, ses matières premières, ses tours de main. Dans son restaurant qui n’a qu’une table,  elle rencontre ses clients plusieurs jours avant de les servir pour comprendre leurs souhaits, exprimés ou non,  et pour que sa cuisine puisse les aider à se transformer.

Les clients sont différents: un jeune couple en manque de confiance, en passant par une famille qui doit se séparer de son grand-père, ou encore une petite fille qui a un lapin anorexique…

Rinco, qui ne reçoit plus d’amour, fait une cuisine qui permet à ses clients de prendre conscience d’eux-mêmes, de changer et de passer un cap… quelqu’il soit. Sans jugement, sans même qu’elle le sache parfois.

Je ne vous raconterai pas la fin! Ce livre n’est pas un livre de management, de développement personnel ou quoi que ce soit de didactique. Mais ce qui m’a frappée et émue, c’est de voir là, très humblement, à la manière d’une histoire pour enfants, comment l’on découvre en nous certaines aptitudes, qui passent du stade de compétence à celui de talent unique lorsqu’on trouve le sens de ce que l’on fait.

Par ailleurs, cette transformation se fait grâce ou malgré un système de communication complètement amputé de la parole, ce qui n’empêche pas l’héroïne de trouver de l’aide, et même de se faire re-connaître auprès des siens et de ses clients.

Cette facette du roman m’a rappelé à quel point notre communication est porteuse de toutes nos croyances et nos prismes; dans ce cas, le fait de la couper net, permet à Rinco de créer quelque chose de totalement neuf et original, qui lui ressemble vraiment.

Enfin, Rinco n’est jamais seule; elle a des alliés, mais est aussi entourée de personnes neutres, voire hostiles. La façon dont elle accepte les choses et dont elle va leur donner sens à travers ce qu’elle offre dans sa cuisine lui permet d’aller à la rencontre de toutes ces personnes et à son tour, de prendre conscience d’elle-même et de se transformer.

Pour conclure, je dirais que ce livre m’a rappelé d’une manière poétique et simple qu’on a tous en nous quelque chose qui peut aider les autres à se transformer; que l’on soit cuisinier, manager, chef d’entreprise ou artisan; et qu’une immense déception, un drame, ou une remise en cause peut être l’opportunité d’un nouveau départ original et personnel. 

Ça sert à quoi un mind mapping?

J’ai une histoire à vous raconter.

J’étais en train d’imaginer un programme qui permettrait d’envisager son projet professionnel comme un projet de design, qui mixerait de la formation, du coaching et des techniques d’intelligence créative.

wow.

Mon intuition était forte, et j’avais rencontré plein de créatifs qui étaient super clairs et prolixes dans leur manière de travailler pour leurs clients, mais qui, dés lors qu’il s’agissait de leurs propres problématiques professionnelles, bizarrement ne savaient pas par où commencer ou comment faire pour résoudre leur problème.

Au point d’être mal. De n’avoir plus aucun recul.

« Parce que ce n’est pas comme un projet, tu comprends, il n’y a pas une commande, et un commencement clair; des phases et des validations. Et puis, il n’y a pas de livrable… »

Ah bon?

Et si au contraire, c’était exactement la même chose, et que chacun pouvait devenir son propre commanditaire, pour le plus génial de ses projets: une version améliorée de soi-même?!

wow 2

Me voilà emballée par mon intuition, bien décidée à la tester tout de suite maintenant.

J’imagine des challenges, des exercices, des phase de convergences, de divergence etc (je vous en dirais plus bientôt 😉 et le moment vient alors de synthétiser tout cela pour pouvoir vous en parler.

Le blanc.

Comment puis-je résumer tout cela? Comment puis-je partager avec vous cette réflexion de façon personnelle, sans tomber dans la démonstration, le raisonnement, parce que pour le coup, cette idée elle part d’une intuition très claire, mais pas d’un raisonnement.

D’une analogie.

Je tente de court-circuiter mon cerveau qui me joue des tours de courant alternatif, avec un mind-mapping .

1- je mets au centre le sujet central : Écriture personnelle de ProjectMe (bah oui, le nom de code de ce programme est… ProjectMe)

2 -j’inscris au tour les premières idées qui me viennent spontanément:

expérience personnelle / histoire/ créatifs/ 40 ans/ design ta vie

3- Je refais une passe d’idées spontanées sur chacun de ces thèmes:

  • expérience personnelle m’amène à alignement/ peur/ méthode/ fierté
  • histoire m’amène à récit/ temps/ scénario/ suspens
  • créatifs : freelances/ salariés/ étudiants/ sensibilités
  • 40 ans: sens/ puissance/ remise en questions/ 2eme adolescence 
  • design ta vie: prototype/ concret/ au-delà des limites/ acting/ exploration
4- Je choisis 3 mots au hasard dans ce 2ème cercle et je vois si je peux bâtir quelque chose avec cela, si une idée surgit qui serait de nature à expliquer mon programme, et même à continuer à le créer …
prototype- puissance- suspens

wow3

W.O.W.

Voilà l’idée.

Le prototype est l’expérience la plus puissante pour valider ou non une idée, une vision que l’on a, un projet qui émerge, pour l’améliorer, pour être dans l’action, pour envisager plusieurs versions, pour procéder par étapes successives.

Il court circuite la croyance qu’il n’y a qu’une version qui peut être la bonne, et que si on ne la trouve pas tout de suite, c’est qu’on est nul (ou que le projet est irréalisable). Se prototyper permet d’envisager plusieurs vies possibles; et de faire des choix.

« Je vais me prototyper aujourd’hui » c’est un peu comme aller chez le coiffeur!

Cela peut changer complètement la perception qu’on a de soi-même!

Se voir autrement.

Un prototype c’est aller vers l’extérieur, montrer aux autres son projet, c’est apprendre des autres, grâce aux autres, c’est faire alliance avec l’extérieur! Le prototype c’est l’action, c’est ce qui fait que vos merveilleuses idées ne vont pas mourrir étouffées au fond d’un tiroir.

Et le suspens arrive.

Le suspens c’est LE truc extraordinaire! Parce que lorsqu’on s’embraque dans un projet de design on sait l’on veut arriver mais on ne sait pas du tout comment on va y arriver et à quoi ça va ressembler!

C’est la même chose que les explorateurs qui armaient leurs navires pour aller découvrir de nouveaux continents mais qui ne savaient pas exactement à quoi cela allait ressembler ni le chemin qu’ils allaient emprunter…

De même que les explorateurs, nous partons avec une boussole qui nous rappelle toujours le sens général, mais les cartes, on les dessine chemin faisant!

La ligne d’arrivée? … suspens!

C’est exactement la raisons pour laquelle je fais ce programme: je suis convaincue que tout est déjà en nous, et qu’il nous faut partir à l’aventure pour aller découvrir une meilleure version de nous-même!

 

Vous imaginez si j’avais pris « salariés – alignement- au-delà des limites»? Ça vous parle?

Invitation au voyage.

À très vite pour la suite.

Aie confiance….!

Pouvez-vous me décrire la dernière fois que vous vous êtes senti(e) en totale énergie en travaillant? Ce moment ou votre stylet glisse sur la tablette plus vite que votre esprit, comme si votre corps tout entier surfait sur une vague d’énergie, le sourire aux lèvres ; ou de cette présentation durant laquelle les mots que vous prononciez sonnaient juste même si votre voix tremblait un peu et que vous avez profondément senti l’effet que cela faisait sur votre auditoire? Bref, ce moment de flow où vous étiez en totale confiance?

Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai rencontré 3 personnes qui me racontaient tout ce à quoi elles renonçaient quotidiennement, au motif qu’elles n’avaient pas confiance en elles. Cela allait de rappeler un prospect, à candidater pour un job, en passant par dire « non » à un client.

Peu importe la nature de ces renoncements; il m’a semblé que la phrase « Je n’ai pas assez confiance en moi », les avait hypnotisées, empêché d’agir et les avait laissées là, paralysées, leur faisant oublier par la même occasion à quoi ça ressemblait d’avoir confiance en soi.

Commençons par le commencement, « avoir confiance en soi » ne veut pas dire

  • être sûre du résultat que l’on va obtenir,
  • être meilleur(e) que tous les autres,
  • être capable de vendre père et mère pour obtenir une mission,

La confiance en soi c’est cette énergie spéciale qui nous permet d’avancer même si l’on a peur (voire très très peur), et qui nous donne de la joie. La confiance est à l’intérieur de nous. Il « suffit » de la laisser apparaître.

Cette énergie se nourrit de deux choses principales: le sentiment d’être légitime, et celui d’être en accord avec ce que l’on fait.

La légitimité, c’est le droit qu’on vous reconnaît à faire ce que vous faites. Vous avez été formé, on vous a confié une mission, vous avez été embauché : vous êtes légitime. Point.

Attention, la légitimité ne vient pas de vous. Votre responsabilité à vous, est de montrer toute votre potentialité, de montrer qui vous êtes vraiment, de sorte qu’il n’y ait pas d’erreur de casting. Mais ce n’est pas à vous de vous demander si vous valez le coup! Plus on se pose cette question, plus on voit les imperfections, et… moins on tente, moins on a d’expérience, et plus on perd… confiance en soi.

Comment savoir maintenant si l’on est bien en accord avec ce que l’on fait? Tout d’abord, si vous avez la sensation de tricher, voler et mentir, clairement c’est que vous n’êtes pas en phase avec vos valeurs! Pus subtilement, vous pouvez vous demander si le projet dans lequel vous vous êtes engagé est bien une étape vers votre objectif ultime, si ses conditions de mise en œuvre correspondent bien à la façon dont vous avez décidé de travailler et de vivre, ou enfin si le sujet que porte ce projet vous rend fier…

Evidemment, au quotidien c’est parfois plus difficile; certains clients me disent qu’ils n’ont pas le choix, que malgré certains succès ils ne se sentent pas légitimes ni reconnus. Et ils me contactent avec l’objectif de retrouver leur confiance en eux.

À ces personnes je dis que la confiance est un résultat et pas un objectif.

Autrement dit, si votre objectif est « d’ici 3 mois je veux avoir confiance en moi », il n’y a aucune chance que vous y parveniez. En revanche, si c’est un résultat, alors, c’est qu’il y a des leviers à travailler, et eux vont devenir vos objectifs.

Concrètement en voici trois:« le physique, le langage, et le cadrage »

Le physique: prendre soin de vous.

Notre physiologie, nos sens, nos perceptions, c’est ce qui est totalement singulier en nous. C’est notre premier filtre de la réalité, celui qui va construire par la suite, nos émotions, notre créativité, nos valeurs, notre vision du monde. Notre corps est un temple, comme disent les sages, c’est aussi un sacré outil de travail dont il faut absolument prendre soin ! Son impact est tel que vous ne direz pas la même chose, et vous ne penserez pas la même chose si vous vous exprimez la tête haute, le dos droit et les bras en mouvement, que voûté, le menton vers le bas, bras ballants.

#concrètement dés que vous vous sentez en manque de confiance, re-branchez vous à votre corps; c’est un raccourcis très puissant vers vos ressources.

  • de la méditation chaque jour (il existe quelques très bonnes applications smartphone avec une dizaine de séances gratuites)
  • de la musique
  • de la marche tous les jours (minimum 1/2h), du yoga, de la danse du sport, bref, du mouvement.

Avez-vous déjà remarqué que vos meilleures idées viennent lorsque vous marchez, vous prenez votre douche ou vous conduisez? C’est parce qu’à ce moment, votre corps est en mouvement et qu’il libère le mental. Personnellement je marche tous les jours en fin d’après midi pour faire la coupure avec la soirée, équipée d’un Dictaphone pour noter toutes les idées qui me viennent forcément à ce moment là.

 

Le langage: adopter une communication écologique

Les mots sont une richesse infinie, mais ils ont aussi un grand pouvoir sans que l’on s’en aperçoive toujours.
Ainsi le vocabulaire que vous choisissez, le registre que vous utilisez, les tournures que vous employez ont un impact sur votre état d’esprit.

#concrètement sans rentrer dans des explications savantes sur le cerveau et la communication, souvenez- vous que

  • le cerveau humain ne comprend pas bien les tournures négatives. Pour cette raison, il vaut mieux dire à un enfant « Arrête- toi! » plutôt que « Ne traverse pas! ». En ce qui vous concerne, tentez l’exercice de tourner toutes vos phrases de façon positive: « je n’y arrive pas » devient « je me demande comment y arriver », Pigé? ça change tout.
  • Parlez-vous gentiment. Parlez-vous bien. Nous avons un langage intérieur souvent très fourni, et si vous y prêtez attention, vous verrez que bizarrement, on se parle d’une manière plutôt dure et intransigeante : « que je suis bête », « ah j’aurais dû faire autrement », « je n’y arriverai jamais! »….Au final vous allez vraiment y croire, vous penserez que vous êtes bête et incompétent. Alors ne vous laissez pas hypnotiser par les mots: parlez-vous de manière encourageante, et tolérante, même si personne ne vous entend. Cela va changer votre état d’esprit. Et ça, ça se voit aussi de l’extérieur.

 

Le cadrage: décider du regard que l’on pose sur sa vie.

La confiance en soi est fondée sur l’expérience. L’expérience est fondée sur la relation aux autres. La confiance se construit grâce aux autres, grâce à l’expérience que l’on acquiert en étant en relation aux autres.

En restant dans son coin, on réduit passablement son horizon jusqu’à se retrouver complétement zoomé sur soi-même. Et plus on se regarde, plus on se critique, plus on voit tout ce qui ne va pas, et moins on a le courage de se relier aux autres.

#concrètement, brisez absolument ce cercle vicieux, le plus vite possible! Et même si vous êtes timide, intégrez un groupe, un club, un réseau, une tribu, une asso…. que ce soit dans des domaines professionnels, personnels, de loisirs ou de solidarité, peu importe!

Dernière précision! En plus de tous les réseaux virtuels qui élargissent votre horizon d’une manière exponentielle, n’oubliez pas d’intégrer un réseau réel. Rappelez-vous: votre corps est la matière première de tout votre génie! En attendant d’être des corps virtuels, faites grandir votre expérience réelle sensible et sensuelle, c’est elle qui rajoute des pierres à l’édifice de la confiance en soi.

Vivez en grand angle. Vous aurez moins peur: plus le cadre est grand, plus les ressources sont importantes, et plus vous pourrez voir loin. Peut-être jusqu’à votre mission dans la vie!

La Confiance est un verbe d’action!

 

 

La richesse du process

Ou comment la créativité se trouve parfois là où on ne l’attendait pas

Le process… je n’en peux plus! 

Qui n’a pas entendu ce cri du coeur en agence, ou en studio? Je l’ai personnellement beaucoup entendu puisque pendant plusieurs années, le « process »… c’était moi, la coordinatrice de projet.

5 choses récurrentes sur le process :

  • Le process est rigide et empêche toute improvisation, toute recherche, toute créativité et aussi toute erreur.
  • Le process est au service de la rentabilité du projet et non de sa qualité.
  • Le process sert à rendre les personnes interchangeables  au sein d’un projet
  • Le process fige à l’avance les livrables du projet: il est anti-agile.
  • Le process est l’émanation d’un management issu du taylorisme qui n’a rien a voir avec le management de la création.
Alors de quoi parle-t-on vraiment?

Le mot  « process » est un anglicisme que l’on peut traduire par processus ou procédé. Le processus, est « Un ensemble d’opérations successives, organisées en vue d’un résultat déterminé » (CNRTL).

Quant au  « procédé », c’est un « Moyen utilisé en vue d’obtenir un résultat déterminé ». Je rajoute une petite nuance : le mot « procédé » peut avoir une connotation négative spécifique aux activités artistiques, et signifier alors: « l’utilisation excessive de la technique, conférant à l’œuvre un caractère stéréotypé, artificiel »…

Il est fort à parier que lorsqu’on utilise le mot « process » dans le langage courant de la gestion de projet, on pense plus à la nuance péjorative. Le process bloquerait ainsi la créativité, l’imagination, l’improvisation, le contextuel, par l’application de techniques systématiques à l’aide d’outils issus de la productivité et non de la créativité .

Mais ce que l’on crie en disant qu’on n’en peut plus du process!, c’est surtout l’intuition que le processus que l’on suit … n’est pas le bon!

DES process (..s)

Il existe de nombreux « process ».

Le process c’est le chemin.

Et il y a plusieurs chemin pour arriver du point A au point B. En voici quelques uns propres aux métiers de la création:

Prenons par exemple la création d’un concept de magasin, nous allons pouvoir trouver selon l’angle privilégié plusieurs process:

  • Le processus de création: Préparation/ Incubation/ Illumination/ Vérification
  • Le processus de l’innovation: Définition du problème/ Génération des concepts/Sélection des concepts/ mise en œuvre
  • Le processus du design-thinking: Empathie / Définition- formulation des besoins/ Idéation/ Prototype/ Test

Mais si on dé-zoome, on s’aperçoit alors que notre projet de création s’inscrit également dans le projet de l’entreprise qui nous emploie, et donc dans son « process » qui peut être quelque chose comme: prospection/ vente/ production/ facturation.

Et encore peut-être lui-même dans un projet plus large -chez notre client, par exemple- de communication, ou de construction (Esquisse/ avant projet sommaire/ Avant projet détaillé / pro/ études d’éxécution/ Direction des travaux/ Réception) 

Revenons maintenant chez notre créatif. Peut-être travaille-t-il en équipe; et voici d’autres process qui viennent se rajouter au niveau de l’organisation (brief/ brainstorming/ réunion planning etc.) … et peut-être cette personne a-t-elle ses process personnels, ses routines, et ses phases de travail spécifiques?

C’est probablement l’imbrication de tous ces process qui produit cet effet vertigineux, de « trop c’est trop » qui fait qu’à un moment donné on est perdu.

Remettre ces différents systèmes en perspectives, les identifier est important; cela permet de repérer celui où nous avons notre responsabilité (notre contrat, notre emploi, notre mission) et notre engagement.

Mais cela permet s aussi, de pouvoir, en apercevant les autres, orienter notre travail, comprendre ce dont les autres ont besoin, et ce que notre propre travail va leur permettre d’accomplir.

C’est une sorte d’empathie qui va nous permettre d’être plus créatif puisqu’elle abolit les silos entre les différentes dimensions d’un projet, mais aussi encore plus expert dans notre propre process. Nous allons alors expérimenter une nouvelle manière d’être un « profil en T » des process et des systèmes.

LA RICHESSE DU PROCESS
Le process ça donne du temps

Nous avons tous été un jour ou l’autre tentés de trouver une réponse immédiate, à un client pressant, poussés par l’ensemble des recettes qu’on nous donne pour tout et n’importe quoi. Nous avons tous été tentés de reprendre ce qui avait marché pour un autre projet pour (se) rassurer, pour aller plus vite; bref, dés la question posée, trouver la réponse comme dans un jeu télévisuel.

Alors justement, ce fameux  process, c’est lui qui nous sauve de ces dérives. En modélisant les différentes phases de notre pensée complexe, il nous protège des raccourcis dangereux. Il nous force à prendre le temps pour traiter le problème qui nous est soumis. Il est une garantie.

Le process ça donne des espaces d’exploration

Le process c’est comme un cadre; une fois qu’il est posé, c’est-à-dire que nous avons structuré les limites de notre réflexion, et de notre intervention, nous pouvons alors commencer à explorer. Sans ce cadre, l’exploration, paradoxalement, n’est pas libre. Si nous sommes toujours en train de nous demander quel est l’étape suivante, si notre client nous paye bien pour ce que nous faisons, ou si ce que nous faisons est bien utile, notre créativité sera totalement bloquée.

Le process c’est comme la boussole des explorateurs : les explorateurs  savent ce qu’ils veulent atteindre (l’océan, le nouveau continent etc.) mais ils ne connaissent pas le chemin exact pour y arriver; Les explorateurs dessinent les cartes au fur et à mesure de leur progression. Mais leur boussole leur donne toujours la direction.

Il ne faut pas confondre: suivre le process ce n’est pas suivre une carte! C’est suivre la boussole.

Le process ça donne des muscles

Le process est un chemin sur lequel nous allons passer du temps. Comme lors d’une randonnée en montagne, il y a des paysages différents, des obstacles, des côtes et des dénivelés. Si nous sommes focalisé sur la ligne d’arrivée, nous nous épuisons; si au contraire nous sommes conscients des différentes étapes, de notre propre endurance, du plaisir que nous avons à voir le paysage changer, et si nous pouvons nous réjouir du chemin parcouru, alors nous prenons du muscle.

Le process nous aide à ne pas chercher le résultat. (parce qu’alors la seule garantie que l’on ait, c’est de ne pas le trouver!); il nous permet au contraire d’être curieux, de nous ressourcer, d’être en empathie avec ce qui nous entoure, de regarder des choses de plusieurs points de vue différents.

On sait tous qu’aucun créatif ne choisit sa première solution à un problème;

le process nous permet de ne pas rester bloqué.

LA CRÉATIVITÉ DU PROCESS ? 

Est-ce que le process nous rend interchangeable? Non. Il nous permet de choisir  une destination, à chacun d’entre nous de chercher comment l’atteindre.

Chacun a sa manière de conduire, même si tout le monde emprunte le réseau routier.

Il nous offre aussi la possibilité de choisir comment on veut voyager; et  pour cela de créer nos propres outils; de concevoir notre propre feuille de route.

Il nous donne la possibilité de mieux nous connaître. C’est en suivant des process que nous créons notre style.