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Personal Branding épisode 2 : s’alléger plutôt qu’accumuler….

Interview parue sur le blog de CREADS le 26.12.17

« L’image de marque personnelle » ou « Personal Branding » correspond à l’image que l’individu renvoie de lui-même de par sa personnalité, ses actes ou sa communication. A quoi ça sert ? Comment travailler son personal branding ? Pour vous préparer à commencer une nouvelle année sereinement et répondre à toutes vos interrogations, nous avons interviewé Emmanuelle Mallet-Chaminand, votre Coach pour les métiers créatifs.

Bonjour Emmanuelle, comment peut-on définir le Personal Branding ?

En fait, on peut le présenter comme on veut mais Le Personal Branding sert à répondre à cette unique question :

« Comment « se vendre » sans tomber dans la publicité racoleuse, et y perdre son âme ?

Oublier que le Personal Branding sert à vendre ses services, son projet ou son employabilité, reviendrait à entreprendre une démarche de développement personnel. Oublier au contraire son « âme », serait de facto se priver de toute authenticité, et du coup de tout impact, en tombant dans les travers du marketing de masse.

 

Concrètement, ça consiste en quoi ?

Dans un premier temps, cela consiste à savoir parler de vous et de votre travail de manière claire, simple et impactante. Cela consiste également à déterminer où vous voulez aller, comment, et avec qui. Ensuite, cela consiste à donner du sens à vos actions et devenir une source d’inspiration pour les autres. Clarifier votre positionnement : objectifs, cibles, promesse, offre de service. Déployer une stratégie de visibilité, travailler, créer, entretenir et activer vos réseaux. Enfin, le personal branding consiste à piloter votre marque personnelle et la faire évoluer au quotidien.

Quels sont les éléments fondateurs du Personal Branding ?

Selon moi, il y a 3 principes de base : Constance, Cohérence, Clarté. Mais si vous vous êtes déjà trouvé devant un potentiel client qui vous demande pourquoi il devrait faire appel à vous et pas à quelqu’un d’autre, la réponse que vous avez élaborée (sur le coup, ou peaufinée plus tard) est la meilleure définition que vous pourrez trouver du Personal Branding : c’est votre angle unique. C’est-à-dire la façon dont vous voyez les choses, dont vous les interprétez, vos inspirations, vos expériences, votre manière de travailler, de communiquer, votre projet de vie…Bref, comment votre vision du monde rend votre intervention unique.

Cette citation d’Yves Saint-Laurent contient d’ailleurs tous les éléments fondateurs à l’expression de votre Personal Branding :

« La ligne doit avant tout son élégance au dépouillement et à la pureté de sa construction. »

 

 

Quelle est la démarche pour travailler son personal branding de manière durable et profonde ?

1- Le dépouillement

Commencer son travail de Personal Branding, c’est se dépouiller de tout ce qui n’est pas vous-même et de tout ce que vous avez amassé au cours de votre vie, sans pour autant vous l’être réellement approprié. Ayez confiance en vous, et allégez-vous du superflu.

Pour chaque action que vous faîtes, demandez-vous : « en quoi cette manière de faire me ressemble ?  Et en quoi c’est vraiment moi ? »

Vous pouvez faire cet exercice avec votre manière de dialoguer, de vous habiller, etc. Tout ce qui ne vous appartient pas doit être jeté, repensé ou réinventé. Cela demande du temps, du tri, du discernement, du recul et ce n’est pas facile. Car nous avons tendance à penser que le fait d’accumuler des informations nous rend plus forts, plus experts. Or c’est exactement le contraire. Plus on élimine, plus on se concentre sur l’essentiel et plus on se distingue.

2- L’élégance

C’est peut-être là le secret d’un Personal Branding réussi. L’élégance parle de qualité, de choix, de renoncement, d’éthique, de conviction, d’évidence. L’élégance est le fruit d’un travail acharné de recherche de pureté, de simplicité, d’essentiel, mais aussi de grâce et de légèreté.

« Une chose est élégante quand elle est caractérisée par sa précision, par sa cohérence et par sa simplicité ».  (voir Yves Saint Laurent ce génie)

Demandez-vous comment votre offre de service pourrait être encore plus précise, comment votre histoire personnelle est cohérente avec le choix de votre métier, comment d’un brief complexe vous arrivez à rendre les choses simples et évidentes, etc.

3- La ligne

C’est ce que vous aurez découvert en vous libérant de tout ce qui n’est pas vraiment vous. C’est votre direction, votre angle unique, et votre fil rouge.

Alors maintenant que vous vous êtes allégés de toutes ces couches inutiles, maintenant que vous êtes dans un état d’esprit de recherche de l’élégance, maintenant que vous saurez reconnaître votre « ligne » dés qu’elle vous apparaîtra… Maintenant, vous pouvez commencer à travailler votre Personal Branding.

Je vous souhaite de merveilleuses fêtes, pour célébrer comme il se doit tout ce que nous laissons derrière nous, et en route pour le renouveau !

 

Dans quel océan nagez-vous?

Le livre de Dudley Lynch et Paul Kordis  La stratégie du Dauphinles idées gagnantes du 21e siècle (ed. de l’Homme) est le premier ouvrage depuis longtemps, sur le changement et sur le management, qui rompt avec les métaphores guerrières ou la pensée positive, pour prendre le parti de parler de conscience et d’intelligence. 

Il propose une métaphore très puissante du monde dans lequel nous vivons et de nos organisations, qui permet d’identifier 3 grandes catégories de personnalités selon les stratégies qu’elles déploient pour vivre et survivre.

L’image est celle d’un bassin qui représente notre univers ou notre organisation dans lequel vivent des carpes, des requins et des dauphins. Selon sa conception du monde, chacun adopte des comportements différents face à la vague du changement. 

Sans vouloir  résumer l’ensemble du livre  il m’a paru très interessant de rassembler pour chaque type de personnalité toutes les caractéristiques égrenées au fil des pages pour dresser les « portraits psychologiques » de ces figures universelles.

Je vous propose les 3 archétypes principaux (le livre contient un profil supplémentaire hybride). J’espère que leur finesse vous donnera envie de lire le reste de l’ouvrage et de vous en servir pour découvrir comment devenir un dauphin d’exception! « Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé serait purement fortuite…. »


Depuis toujours les humains, leurs familles, et leurs organisations ont généralement adopté deux types de stratégies pour faire face au monde: la strategie de la carpe  ou la stratégie du requin. Nous allons voir une nouvelle stratégie beaucoup plus puissante, celle du dauphin, née d’un cerveau qui a compris que le monde change et que nous devons changer aussi; et que ce qui doit changer c’est la qualité et l’ampleur de notre conscience de la complexité, ainsi que notre aptitude à travailler dans cette complexité et à y être à l’aise.

Les carpes

Renoncement et désengagement
  • Le cerveau primitif laisse 3 réactions aux événements extérieurs: le combat, la fuite ou l’immobilité. Les carpes n’en utilisent que deux: elles s’enfuient ou restent figées. Elles se font souvent dévorer.
  • Si elles restent dans leur territoire de carpes avec plein d’autres amies carpes à ne faire qu’un travail de carpe, elles peuvent se sentir en sécurité temporairement.
  • Quand elles ont le choix, les carpes sont d’accord, mais elles préfèrent ne pas avoir à choisir.
  • Les carpes pensent que nous vivons dans un monde de pénurie, que tout est limité . Elles imaginent  que ce que nous avons,  et ce que nous pouvons avoir,  est conditionné par nos comportements structurés et prévisibles.
  • Les carpes s’attendent à ne jamais avoir assez ou faire assez.
  • Les carpes, si elles ne peuvent pas faire autrement que de choisir ou apprendre, préfèrent se sacrifier.
  • Les carpes ont généralement vécu des événements traumatisants  suffisamment dramatiques pour qu’elles se disent « je ne peux pas gagner, ni maintenant, ni jamais ». A cause de cette croyance, les carpes concentrent tous leurs efforts à éviter l’échec. 
  • Les carpes ne peuvent pas faire autrement que penser que le monde est pénurie. Cette croyance devient une hypnose.
  • Les carpes sont toujours dans le coin des « victimes » ou règne la souffrance de ceux qui donnent sans jamais recevoir.
  • Les carpes évitent d’assumer des responsabilités, évitent de faire quelque chose de différent, en étant toujours esclave de quelqu’un d’autre (souvent le « persécuteur » est un  requin)
  • L’état d’hypnose les empêche de reconnaitre la possibilité du changement et  de l’abondance.
  • Les carpes cherchent à comprendre les besoins des autres et cherchent des indices subtils de ce que les autres attendent d’elles.
  • Il leur est facile de croire qu’elles sont nées pour sauver les autres. (« sauveur »)
  • elles pensent qu’on a besoin d’elles qu’elles font du bien autour d’elles, mais fatalement elles trouvent qu’on ne les respecte pas. Elle se sentent trahies quand on ne leur témoigne pas de gratitude et redeviennent alors « victimes ».
  • Les carpes ne participent pas au jeu, empêchent les autres de gagner, n’achèvent jamais rien, sabotent le jeu, jouent le rôle du « bon gars »et deviennent un problème.
  • Le désengagement des carpes les oblige à commettre leurs erreurs seules; il les empeche de profiter de l’expérience des autres.

Les carpes disent:

"J’ai été impuissant et je le serai toujours", 
"Ma souffrance n’est pas vaine", 
"Dans la vie il faut perdre", 
"Tous les gains importants comportent un partie de sacrifice".

LES requins

Mainmise et compromis
  • Les requins pensent que nous vivons dans un monde de pénurie.
  • C’est pourquoi ils ont l’intention d’obtenir un maximum quoi qu’il arrive.
  • Les requins croient nécessaires qu’il y ait un perdant, et ils sont résolus à ce que ce ne soit pas eux.
  • Ainsi ils deviennent des « persécuteurs ».
  • Les requins deviennent dépendants du jeu de la pénurie et ils inventent des systèmes et des organisations qui créent une dépendance.
  • Ce qui caractérise les stratégies des requins
    • l’arnaque (pour éviter d’être blâmé)
    • le brouillard (pour se camoufler)
    • le déni (pour éviter la réalité des événements)
    • la supposition (pour avoir toujours raison)
    • le besoin de contrôle
    • l’égocentrisme
    • la mainmise
  • Les requins n’ont pas une espérance de vie plus longue que les carpes, contrairement à ce que l’on pourrait penser, une fois le stock des victimes faciles épuisé, et la liste des ennemis de plus en plus longue.
  • Leurs chances de survie dans le bassin ne sont pas plus importantes.
  • La seule manière de s’en tirer individuellement pour les requins est d’opter pour la stratégie du compromis, en désespoir de cause.

Les requins disent:

"Après tout dans le monde c’est la loi de la jungle", 
"Je t’avais prévenu", 
"La compétition est inévitable",
"La compétition nous pousse à donner le meilleur de nous-même", "La compétition est le seul moyen de s’amuser", 
"La compétition forme le caractère". 

Les dauphins

Les seuls animaux qui peuvent être fatals aux requins
  • Les dauphins se développent dans un environnement rude.
  • Les dauphins restent vigilants, analysent les courants, recherchent les indices, surveillent l’évolution de la situation.
  • Les dauphins nagent dans n’importe quel océan, courant ou bassin.
  • Ils agissent en groupe ou agissent avec compétence quand ils sont seuls.
  • Quand quelque chose ne marche pas, les dauphins poursuivent implacablement quelque-chose d’autre, quelque-chose qui marche.
  • Les dauphins peuvent, au besoin, attaquer mortellement le requin.
  • Les dauphins ne sont pas très attachés à une idéologie mais savent être très politiques.
  • Les dauphins aiment gagner mais n’ont pas besoin que vous perdiez.
  • Les dauphins disent la vérité et évitent de gaspiller du temps dans les drames inutiles.
  • Les dauphins ont une vision claire de ce qu’ils souhaitent mais ne sont pas kamikazes pour autant.
  • Les dauphins usent de représailles, mais pardonnent aussi rapidement car la rancune n’est qu’un obstacle artificiel qui finit par être insupportable dans un univers créateur et fluide.
  • Les dauphins croient à la possibilité d’une pénurie comme à la possibilité de l’abondance. Comme ils croient que les deux sont accessibles, qu’ils ont le choix, ils peuvent se servir de ce qu’ils ont comme d’un levier et exploiter leurs ressources de façon élégante, flexible, en faisant  « plus avec moins » ce qui est leur pierre angulaire.
  • Les dauphins sont ce que le comportement qu’ils ont choisi leur permet d’être, quand les autres pensent qu’ils sont leur comportement.

Les dauphin disent:

"Il nous faut apprendre à surfer sur la vague",
"Il nous faut apprendre à créer des visions irrésistibles et à agir sur elles",
"Il nous faut apprendre à changer de jeu",
"Il nous faut acquérir une estime de soi solide",
"Il nous faut apprendre à travailler en coopération",
"Il nous faut chercher par-dessus tout à faire plus avec moins",
"Il nous faut apprendre à nous ouvrir à la surprise et au futur", 
"Il nous faut assumer notre responsabilité",
"Il nous faut découvrir notre but ultime personnel et chercher à l’atteindre".

Les carpes et les requins sont en danger dans notre monde parce qu’ils croient que leur survie résulte de leurs comportements.

Placés devant la nécessité de changer, ils leur est typique de s’enfoncer encore plus profondément dans leurs comportements. Ils tentent de faire la même chose mais plus intensément.

Alors que les dauphins croient en leur propre valeur indépendamment de leurs comportements, et n’hésitent pas à faire des percées vers d’autres bassins…


Nous avons été formatés pour réfléchir en carpe ou en requin. Il est normal d’en avoir des réflexes. Mais nous pouvons réfléchir à une autre manière de penser, et devenir le dauphin qui sommeille en nous.

Tragi-comédie #coaching #escroc #pervers

Il arrive parfois malheureusement que notre route croise celle d’une personne toxique et perverse. Pire, comme c’est le cas dans l’histoire que je vais vous raconter, il arrive que cette personne représente une figure d’autorité, et que vous la laissiez entrer dans votre sphère, tout simplement parce que cette personne est formatrice ou coach. 

C’est ce qui m’est arrivé, -à moi dont c’est le métier!- il y a quelques temps. En me présentant à la « formation de formateurs » d’une jeune entreprise en pleine croissance pour ensuite  enseigner  à mon tour son programme à ses clients, je suis tombée sur un « coach » pervers qui a bien failli me faire douter de moi. 

Comment dire…

J’ai longtemps hésité sur la manière de partager cette expérience et le message que je voulais faire passer avec. J’ai eu envie de dénoncer le personnage et ses pratiques et de faire du bruit! Et  au fur et à mesure que je racontais ma mésaventure à mon entourage, j’ai discerné le « tragi-comique » de la situation. Comment avais-je pu me laisser faire alors que c’était tellement gros? Moi, tellement expérimentée, tellement sûre de mes valeurs?

Alors il m’a semblé important de rappeler ici quelques messages fondamentaux

  • Lorsque cela m’est arrivé, je n’ai pas compris tout de suite; mais mon intuition m’a envoyé des signaux d’alarme.
  • Quand j’ai commencé à comprendre, j’ai  décidé de ne pas tenir compte de ces signaux, de continuer la  session  en me disant que ce qui comptait le plus  était ce que j’allais en retirer (apprentissages et opportunités de missions immédiates) , et non pas la manière dont la formation était conduite.
  • quand j’ai constaté les dégâts, il était trop tard, et j’ai mis du temps à m’en remettre (je vous explique pourquoi juste après)

Mon message est donc le suivant:

Écoutez votre intuition quand elle vous dit que quelque chose cloche! 
Sachez vous protéger, et protéger les autres. 
Ne vous laissez pas aveugler par le gain que vous pourriez obtenir: il n'y aura pas de gain car vous ne serez pas en mesure de le prendre.
Voici l’histoire en mode tragi-comique 😉

Lorsque j’ai rencontré la dirigeante d’une jeune entreprise de formation en pleine croissance, nous avons tout de suite eu envie de collaborer. J’avais envie de revenir à un format collectif et dynamique tout en poursuivant mes activités de coaching par ailleurs;  les deux pratiques s’enrichissant mutuellement.

De son côté elle cherchait à former une équipe capable d’incarner les valeurs de son entreprise et de déployer son programme de formation à plus grande échelle. J’étais donc ravie d’envisager cette collaboration.

Elle se faisait accompagner dans le développement de son entreprise par un coach, et m’a naturellement demandé de rencontrer cette personne pour entériner notre collaboration.

Épisode 1: Entretien individuel avec le coach

À peine franchi le seuil de son cabinet que le coach fringant d’une cinquantaine d’années m’interpelle:

– « Vous ,rien qu’à vous regarder je suis sûre que vous êtes du genre à n’en faire qu’à votre tête! « . Un peu interloquée je souris en me disant qu’au fond, oui, j’ai toujours fait ce que j’ai voulu, ce n’est pas faux.  Mais est-ce une sorte de compliment, un accueil qui se veut détendu ou au contraire une pique pour me mettre mal à l’aise?

Très vite, la conversation prend un tour étrange: après m’avoir dit 5 fois de suite que « ce n’est pas un entretien d’embauche » (on parle de finasserie entre salariat et sous-traitance ou bien?), il me pose des questions « réflexives » en grosse quantité : »j’aimerais savoir quelle question vous aimeriez me poser »; « et si je vous  posais la question, quelle question me poseriez-vous? »….

Je commence à ne plus rien comprendre et je me fais même rabrouer lorsque j’ose poser une question « fermée »! (histoire d’y voir un peu plus clair: « est-ce que vous avez envie qu’on travaille ensemble? – « Ah mais ça c’est une question FERMÉE à laquelle je ne peux répondre que par oui ou non.. » – « Ben justement, …)

Le point de non-retour arrive lorsque je commence à piaffer et lui dire que je ne comprends pas ce qu’il veut: « Vous savez, dans un commissariat, c’est celui qui pose les questions qui a le pouvoir, et là, le pouvoir je vous le donne, j’ai l’impression que vous n’avez pas compris! »…Je suis estomaquée. -« Mais je m’en fous moi du pouvoir! » rétorquai-je en me disant en mon for intérieur « toi, si tu veux jouer à ça, on va jouer! ».

Et le voilà qui me demande -enfin!- de parler de mon parcours professionnel Je décide de  lui raconter tous mes échecs. (ricanements). Evidemment il se gausse: « mais êtes vous consciente du NOMBRE DE FOIS où vous avez dit le mot échec? C’est incroyable!!!…Et si vous nous parliez de vos succès? » – « Mais ce sont les mêmes… vous n’avez pas compris? » (re-ricanements)

Je quitte le cabinet sans avoir compris ce qui s’est passé; je ne suis pas plus avancée sur mes perspectives de collaboration avec l’entreprise, je me suis finalement « amusée » dans une sorte de joute verbale pathétique, et …j’ai l’impression d’avoir franchement loupé un épisode.

Quelques minutes après dans la rue je reçois un SMS : « comment vous-êtes-vous sentie dans cet entretien? »….!!!

Episode 2: la journée collective

Finalement, sans aucun débriefing sur ce premier entretien, me voilà conviée à une journée de « formation » où je retrouve une dizaine de personnes qui, je le suppose, sont là comme moi pour intégrer cette équipe de formateurs.

1ere alarme: nous sommes 10 personnes en cercle, et nous ne nous présentons pas les uns aux autres. Une sorte de blind-test musical est supposé faire office de brise-glace… Je ne connais rien dans la playlist, ça commence bien.

Alors qu’une des participantes dira plus tard « ce qu’il m’a manqué c’est que l’on se présente au début » le coach lui répondra: « mais tu étais aussi jugée sur la manière dont tu allais te présenter aux autres spontanément!  »

2eme alarme: nous devons chacun créer une mini-animation/ formation en 10 minutes et la présenter aux autres, face caméra. Les participants font des feedbacks à la fin sur leur ressentis et le coach fait des commentaires sur le langage non-verbal. « Quand tu tournes tes épaule vers la droite, tu ne donnes pas le bon message! ». Ah zut. Je n’ai jamais été aussi mauvaise, et encore une fois ce sentiment très bizarre que je n’apprends rien, qu’aucune information n’arrive jusqu’à moi (je n’ai pas revu la vidéo, les commentaires n’avaient aucun sens pour moi) . Je me sens jugée -et croyez-moi pas en bien!-mais personne ne dit rien. Tout est condescendant.

Je commence à me sentir complètement nulle. Moche. Incapable…J’ai la trouille chevillée au corps (mais je ne comprends pas, d’habitude j’adore tous ces trucs là…)

3eme alarme (sirène d’alarme) : juste avant le déjeuner, nous « debriefons » en groupe, et le coach fait un lapsus : « Dans ce casting… »Stupéfaction du groupe. Ah! Nous sommes donc tous concurrents, et nous ne sommes pas tous là pour apprendre, nous sommes là pour être selectionnés?! Réponse du coach: « ben oui, on n’est pas dans le monde des bisounours! »Nous allons donc être rappelés le lendemain, un par un pour savoir si « nous continuons l’aventure »…

J’apprends au passage, que certains participants travaillent avec le coach et je ne comprends pas s’ils sont là comme observateurs ou participants…

Je ne m’étends pas sur  l’après-midi que j’ai passée dans un brouillard confus. En revanche une dernière saillie du coach m’achève: avant de partir, il nous remet la feuille habituelle d’évaluation, dont la dernière question est la suivante : « indiquez la personne que vous voyez le plus intégrer l’équipe » puis « indiquez la personne que vous voyez le moins intégrer l’équipe « …

Ce qui m’a détruite (momentanément je vous rassure)
  • ne pas avoir réagi quand j’ai compris que l’objectif de la journée n’était pas donnée en début de session, en ayant l’intuition qu’il y a avait là quelque chose de louche ;
  • ne pas avoir demandé un tour de table pour confirmer (comprendre) les rôles et intentions de chacun;
  • ne pas avoir rendue explicite l’idéologie sous-jacente de ces exercices qui était: « si on a affronté les pires conditions à l’exercice, on s’en sortira sur le terrain » (marche ou crève) et m’être interrogée sur le fait de savoir si j’étais d’accord pour ce type d’épreuve, si je me sentais suffisamment protégée et si je jugeais cela constructif et apprenant;
  • m’être laissée entrainer à faire une prestation déstructurante et dévalorisante sans aucune possibilité d’apprentissage et de transformation;
  • n’être pas partie à la mi-journée quand les règles du jeu sont enfin apparues;
  • être suffisamment abasourdie pour ne pas m’insurger publiquement contre le fait d’avoir à « dénoncer » ceux qu’on ne veut pas voir intégrer l’équipe parmi ses camarades.

Conclusion

Je ne me suis pas protégée. Je me croyais suffisamment forte pour jouer à ce jeu. Mais quand les règles ne sont pas données, on est toujours perdant à la fin.

J’ai joué contre mes valeurs pour l’appât de la récompense (de belles missions bien payées). J’ai malgré moi toléré que l’éthique de nos métiers soit jetée aux orties sans autre forme de procès. Et ça m’a amputée quelque chose de moi-même.

Je le répète enfin: rien ne mérite qu’on n’écoute pas la petite voix qui nous dit gentiment: « il y a quelque chose qui coche là-dedans ».. Soudainement, cela me rappelle mon moniteur d’auto-école il y a très longtemps qui m’avait dit: « Quand on n’est pas sûr, il vaut mieux freiner. Se faire klaxonner ne tue pas; avoir un accident, si. »

Freinons, quand nous avons un doute. Ça n'empêche pas de redémarrer si tout va bien.

la fin de l’histoire? Le lendemain j’ai reçu ce fameux coup de fil. Je continuais l’aventure… malgré le fait que je n’étais pas très « solaire ».

Je n’ai pas continué cette aventure là.

Qu’est-ce que tu fais dans la vie? Je cherche les problèmes…

J’ai entendu beaucoup de manières de définir le coaching, de montrer à quel point la pratique pouvait être extraordinaire ou au contraire aux confins du charlatanisme, j’ai lu des dizaines de définitions de ce qu’est ou ce que n’est pas le coaching. 

Je n’y accordais finalement que peu d’importance, pensant qu’il s’agissait là de querelles de chapelles, ou de courants académiques, jusqu’à ce que je me rende compte au cours du traditionnel premier entretien avec mes clients à quel point il est important de savoir parler de ce que l’on fait, et de comment on le fait, car la manière de parler de sa pratique lance déjà la réflexion chez le client, lui permet déjà de se positionner, de se projeter et de … travailler.

Il me semble donc important de faire une mise au point sur ce que je crois du coaching et sa pratique; je la partage avec vous, mais  bien sûr, cela n’engage que moi, après quelques années de pratique, de réflexion et d’expérience.

Le mot est archi-galvaudé, nous le savons, mais malgré tous les conseils des webmarketeurs qui m’entourent, je n’en ai pas trouvé de meilleur.

Le coaching à quoi ça sert?

Si j’essaye de faire le vide de tous les livres que j’ai lus, de toutes les  définitions de toutes les offres de service sur la toile,  pour me concentrer sur ce que je fais vraiment avec mes clients, j’en arrive à quelque chose de très très simple. J’ai presque honte:

Ça sert à résoudre des problèmes. 

c’est tout?
Oui, et c’est énorme.

Forcément ça brille moins que « je révèle la version 4.0 de votre passion » ou  « je catalyse les transformations de votre équipe… », mais à la fin je trouve cela ressemble vraiment à ce que je fais, en toute humilité.

Et ça ressemble vraiment à ce que veulent mes clients. On se met à deux pour résoudre un problème qu’ils ont, on fait équipe pour identifier ce qui pose problème, et réduire l’écart entre ce qu’ils vivent et qui ne leur plait pas, et ce qu’ils souhaitent.

J’adore les problèmes!
  • « Un problème n’est un problème que parce qu’on a décidé de le résoudre ». Il y a des problèmes avec lesquels on vit très bien et qui ne demandent aucune résolution!  Il y en a d’autres qui nous empêchent de vivre ou de faire ce qui nous tient vraiment à coeur. C’est là qu’un coach est utile.
  • D’abord cela suppose de le trouver ce problème!  Parfois les clients arrivent sans savoir vraiment ce qui ne va pas, en état de confusion même, et c’est normal. Le questionnement stratégique est là pour les amener à identifier ce qui leur pose réellement problème dans leur situation. Parfois, ils se rendent compte rapidement que le « vrai problème » n’est pas celui avec lequel ils sont arrivés.
  • Se focaliser immédiatement sur le problème fait gagner un temps fou. Les personnes qui ont un CODIR en panne, une équipe qui n’arrive pas à travailler ensemble, un N-1 qui n’ose pas s’imposer face à une élément perturbateur, quelqu’un qui n’arrive plus à gérer son ado ou un freelance n’arrive pas à vendre ses prestations n’ont que faire des tests de personnalités ou des questionnaires sur leur style de management!
  • Résoudre des problèmes, cela demande beaucoup d’humilité car il arrive souvent ( tout le temps?) qu’un problème ne soit pas complètement résolu. Et c’est une bonne nouvelle: cela permet de sortir du choix binaire « réussir ou échouer » le « tout ou rien » . Une fois cette pression relâchée, on peut commencer à travailler. Une personne dont la timidité l’empêche d’intervenir devant un groupe au travail restera peut-être en effet toujours timide; sauf que le travail fait en coaching lui permettra d’intervenir devant un groupe. Elle saura faire avec sa timidité qui sera toujours là, mais ne la freinera plus dans les exercices imposés de sa profession pour pouvoir évoluer.
  • Se dire qu’un problème n’est presque jamais résolu à 100% cela permet aussi d’arrêter avec l’obsession de la performance ou de l’ultra-solution. C’est moins vendeur, certes, mais c’est plus réaliste et beaucoup plus engageant: nous allons travailler à réduire l’écart entre votre situation actuelle est celle que vous souhaitez. Et tout mon professionnalisme  est au service de cela. La personne décidera de là où elle met le curseur et s’engagera dans le processus de manière beaucoup plus efficace.
  • résoudre un problème ne prédit en rien la (les) solution(s). La solution sera inventée par le client au fur et à mesure. En cela c’est très respectueux!
  • On dit souvent que le bon designer c’est celui qui pose les bonnes questions. Ici c’est pareil.
Bref, j’adore les problèmes!
Pourquoi « coaching » finalement ce n’est pas si mal comme mot?

Parce-que dans ce mot un peu anglo-saxon, il y a une connotation de «training» de sport, d’action. Et voilà, le coaching c’est de l’action car l’évolution de la personne ou de l’équipe se mesure en changement de comportement; (et non pas en compréhension des enjeux, du problème, de la solution etc…)

…et que « prendre le problème à bras le corps » .. c’est du sport!